Pourquoi faire carême?
«Carême» est un nom issu du latin populaire quaresima, altération du latin classique quadragesima, quarantième, pour quarante jours avant Pâques.
Quand on entend carême, on pense immédiatement au jeûne. La tradition du jeûne s’est perdue depuis que de nombreux catholiques sont privés de l’enseignement religieux et de l’enseignement dispensé à l’occasion des célébrations liturgiques. Ceci dit, je pense que le jeûne fait partie de notre identité chrétienne que nous cherchons tant à conserver; il importe donc d’en redécouvrir le sens. Pour un chrétien, le carême prend son inspiration dans le séjour de Jésus pendant 40 jours au désert:
«Jésus, rempli d’Esprit Saint, revint du Jourdain et il était dans le désert, conduit par l’Esprit, pendant quarante jours, et il était tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et lorsque ce temps fut écoulé, il eut faim.» (Luc 4,1-2)
Je comprends par là qu’un chrétien entreprend un jeûne poussé par l’Esprit Saint d’abord. C’est le même Esprit Saint qui est descendu et a reposé sur Jésus au baptême et l’a poussé ensuite au désert. C’est le même Esprit qui a ressuscité Jésus à Pâques et quand, à la Pentecôte, Pierre annonce à la foule que les temps sont accomplis, il déclare que se réalise la parole du prophète Joël:
«Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles seront prophètes, vos jeunes gens auront des visions, vos vieillards auront des songes; oui, sur mes serviteurs et mes servantes en ces jours-là je répandrai de mon Esprit et ils seront prophètes.» (Actes 2, 16-18)
Cette annonce nous concerne aujourd’hui et décrit notre identité de chrétien. Nous devons comprendre par là que tout baptisé devient prophète, quand l’Esprit Saint répand l’amour dans son cœur, quand il lui suggère de prier, quand il raffermit sa foi et son espérance. Pour un chrétien jeûner est une manière de prophétiser, de témoigner de la présence de l’Invisible. Ce qu’on devrait voir, c’est la transformation de sa personne dans le sens de l’amour des autres, de la présence à Dieu et d’une espérance renouvelée en la réalisation de sa promesse de vie éternelle.
On peut jeûner de bien des façons, mais Matthieu rappelle l’enseignement de Jésus là-dessus:
«Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air sombre, comme font les hypocrites… Pour toi, quand tu jeûne, parfume-toi la tête et lave-toi le visage, pour ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais seulement à ton Père qui est là dans le secret.» (Mt 6, 16-18)
Finalement, ce sera l’Esprit Saint qui me soufflera à l’oreille de quelle façon je pourrai laisser Dieu me transformer, me convertir, car les tentations du diable dont parle le récit de Luc (4, 1-2) montrent que l’être humain doit choisir entre les chemins de mort et les chemins de vie. Quel geste permettra à l’Esprit d’amour de me détourner des chemins de mort vers le chemin de la vie? C’est à chacune et à chacun de voir.
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