Jour de la terre
11h
Je mets une majuscule à jour plutôt qu’à la terre, car je me demande quand viendra le jour où nous nous engagerons effectivement dans un changement de nos habitudes. Et n’attendons pas plus de nos gouvernants que nous ne sommes prêts à faire nous-mêmes.
En attendant ce Jour, aujourd’hui je me rends en vélo jusqu’à l’église de mon village, Saint-Paul, pour appuyer moralement le bedeau qui sonnera les cloches à 14h, question de nous dire que nous ne sommes pas seuls à vouloir être responsables de la terre. Un récit biblique, vieux de 2500 ans, donnait aux humains la mission de dominer la terre, dominer voulant dire se comporter comme un maître qui prend soin de son domaine.
Au plaisir de vous retrouver l’an prochain sur le perron de l’église, si ce n’est pas cette année.
18h
Nous étions 11 sur le perron de l’église de Saint-Paul à appuyer les sonneurs de cloches. Pas beaucoup peut-on penser! Après la passion et la mort de Jésus, ils étaient Onze aussi. N’ont-ils pas fait des merveilles? Il n’en tient qu’à nous pour multiplier ce nombre. La parole a été donnée aux humains: qu’attendons-nous pour nous en servir?
À la télévision, en voyant la foule des participants à la marche à Montréal, j’ai écouté le témoignage engagé de la comédienne Sylvie Moreau. Elle était aussi convaincante que Pierre au lendemain de la Pentecôte. Quelle femme! Quand nous les chrétiens deviendrons-nous témoins de la mission fantastique que le Créateur nous a confiée?
Mon épouse, Marie-Thérèse, mes fils, Pascal et sa fiancée Sarah, Matthieu et moi, étions de cette immense foule au Parc Jeanne-Mance après avoir arpenté le circuit depuis la Place des spectacles. Le caractère intergénérationnel fut, à mes yeux,l’authentique témoignage d’une solidarité vraie et intégrale. Même sur la scène où des artistes intervenaient,cela était encore vrai. Pour la Terre. Un des moments forts fut aussi la volée des cloches de très nombreuses églises à 14 h 00. Un souffle spirituel me rappelant la « Messe sur le Monde » de Pierre Teilhard de Chardin. Le cri fort d’un peuple en faveur de l’environnement protégé, d’une justice équitable dans le partage des redevances des ressources tirées de « notre terre ». Une prise de conscience collective inégalée pour contrer l’ambiance mortifère actuelle engendrée par la finance, la puissance industrielle, le mensonge structurel de trop de personnes engagées dans les secteurs de la politique et des affaires.Les révolutions ne viennent JAMAIS des élites par trop occupées à protéger leurs privilèges, leurs avoirs et leurs champs d’action. J’admire l’imagination des générations montantes. A. Einstein aimait dire que l’ »imagination est plus importante que la connaissance! ». Nous avons notre « printemps québécois », moi qui l’ai souhaité devant mes classes de personnes aînées jusqu’à récemment (UTA/U. de Sherbrooke). Il reste encore beaucoup de pain sur la planche. Mais le commencement est au rendez-vous.
Yvon R. Théroux