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Les ENJEUX de Prochainement se tiendra à Rome un synode sur la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. On parle encore de TRANSMISSSION de la foi en termes de contenu et de savoir au lieu d’en parler en termes de pratique de vie, de spiritualité et d’expérience mystique. Cela pose question! Depuis la révolution culturelle et technologique et l’avènement de la globalisation des marchés et des cultures, nous avons vécu en Église un grand éclatement des pratiques et des engagements. Comment s’expliquer ce phénomène? Je pense que toute notre pratique pastorale consistait alors à transmettre des données dogmatiques et des comportements moraux sans trop se soucier de faire vivre une spiritualité et une pratique de vie évangélique. On transmettait tout ce qu’il fallait SAVOIR pour aller au ciel sans trop faire l’apprentissage de la mystique et de la spiritualité chrétienne. Quand on privilégie la valeur de la transmission de la foi et des valeurs inhérentes on développe alors des stratégies d’encadrement et de contrôle pour s’assurer de cette entreprise. Le défi actuel consiste donc non pas reconquérir le membership dilué mais à actualiser la tradition chrétienne, la pratique de vie évangélique qu’elle soutient et la vie spirituelle qui l’anime. Ce défi consiste donc à faire en sorte que cet héritage devienne un projet. Ce projet se réalisera désormais hors des contraintes et des encadrements, au rythme des expériences intermittentes de la foi. Rappelons-nous qu’il en a été souvent ainsi dans l’histoire du christianisme. Les traditions chrétiennes se sont développées aux risques des inculturations géopolitiques ou autres. Les quatre évangélistes témoignent déjà au 1er siècle de quatre pratiques de vie évangélique et ecclésiale. Il est illusoire de penser que la vie de l’Église, au cours des siècles, a toujours présenté un visage d’uniformité cultuelle et culturelle ou encore théologique. On doit donc accepter qu’il en soit encore ainsi aujourd’hui! C’est avec beaucoup de patience qu’on verra apparaitre les jalons d’une nouvelle ecclésiologie propre à la situation inédite que nous vivons en ce 21e siècle. Si on veut tout contrôler il y a alors un grand risque de découragement et d’étouffement. Je remarque maintenant qu’aux Journées Mondiales de la Jeunesse qui se tiendront à Madrid, on pense devoir encadrer la foi par une publication d’un catéchisme adapté aux jeunes et en encadrant la tenue vestimentaire de certains participants. Il y a matière à questionnement ici! Quel est l’objectif visé et clairement avoué? Le dilemme demeure : catéchisme ou évangélisation? Transmission de données de la foi ou engendrement dans la pratique de la vie chrétienne? On parle de transmission de la foi dans une pédagogie de conformité ou si on privilégie aussi le sens inversé de l’évangélisation : évangéliser c’est aussi se laisser interpeller par les pratiques spirituelles de l’autre! Présentement nous accueillons des pasteurs venus des Églises d’autres cultures. Laissons-nous ces pasteurs nous révéler les richesses de leur propre spiritualité ou les obligeons-nous à se calquer sur nos propres valeurs spirituelles et chrétiennes. Même s’il est souhaitable que notre propre Église se prenne en mains et en charge d’elle-même, il est heureux que notre Église se laisse évangéliser par des pratiques alternatives. Que notre Église naisse autrement dans cette confrontation culturelle. Si nous analysons ces engouements que vivent les personnes qui tentent des expériences dans les mouvements spirituels alternatifs, nous remarquons que ces personnes vont ailleurs parce qu’elles trouvent dans les autres groupements religieux une spiritualité qu’elles ne retrouvent par dans notre Église. Nous offrons des savoirs et des contrôles mais peu d’expérimentations mystiques au sein de notre Église. Pour Karl Rahner l’avenir du christianisme est une question mystique. Pour lui un mystique c’est quelqu’un qui fait une expérience de la présence de Dieu dans sa vie. Jésus lui-même fait la critique des pratiques religieuses de son temps, des tentatives rigides de la religion institutionalisée préférant faire découvrir un Dieu tout Autre, un Dieu d’amour, de miséricorde et de bienveillance. Pour évangéliser notre monde à l’ère de la globalisation des marchés, il serait bon de découvrir les nouvelles pierres d’assise repérées au contact des cultures différentes afin de donner à notre Église une dynamique pour la nouvelle évangélisation de l’humanité de ce 21e siècle. La nouvelle évangélisation s’accomplira seulement dans la sollicitude pastorale, en proposant de nouvelles façons de faire Église, en partageant avec les autres une véritable vie de foi joyeuse, en actualisant une ÉCOLOGIE de la personne. Si notre foi promeut une vision de la personne qui soit libre, ouverte et tolérante devant les différences rencontrées, admirative devant ce monde objet de la bienveillance divine, alors il a des chances que cette nouvelle ou récente évangélisation soit porteuse de fruits pour le monde surtout mais pas nécessairement pour l’institution ecclésiale. Les récentes crises qu’ont traversées certains partis politiques et certains regroupements ecclésiaux nous apprennent que désormais les gens ne sont plus fidèles PAR DEVOIR aux institutions politiques ou religieuses mais qu’elles s’autorisent à marchander leur allégeance en fonction des bénéfices qu’elles en retirent. Leur fidélité se fait maintenant circonstanciée et monnayée en regard des attentes exprimées. Il en est ainsi dans l’Église forcément parce que ces personnes n’arrivent pas à la communauté ecclésiale expurgées de toutes valeurs ambiantes. Leur participation se fera intermittente, conditionnelle et critique. Devant ce fait, malheureux serait celui qui ferait fi de ces données pour se lancer dans une nouvelle approche spirituelle ou politique ou autre! L’Église doit donc tenir compte de cette nouvelle réalité et proposer avec beaucoup de patience et de sollicitude cette nouvelle tentative de l’annonce de la foi. Sur ce chemin périlleux de la nouvelle évangélisation, l’Église devra découvrir que L’Esprit-Saint qui INFORMAIT ce monde en planant sur ces eaux, c’est-à-dire sur ces forces vives, qui présidait au relèvement pascal du Christ, qui se répandait sur les premières communautés chrétiennes est aussi ce même Esprit qui la devance sur les routes de cette nouvelle humanité tissée dans les entrefilets des cultures et des pratiques diverses. L’action de ce même Esprit ne saurait être encadrée par les tentatives de contrôle de l’institution ecclésiale. On parle aujourd’hui de la nouvelle évangélisation comme d’une réalité inédite. Elle le sera inédite si cette nouvelle évangélisation se fait en respectant ces enjeux à peine esquissés. 25 juin 2011 |
Demain, trouverons-nous
la foi? Les catholiques lucides ne sont pas sans savoir que le catholicisme d’ici est sur une pente descendante. Entre 1960 et 2000, le taux de fidèles allant au rassemblement dominical a chuté de 80% à 20% chez les 40 ans et plus tandis que chez les plus jeunes, le phénomène a été encore plus marqué. Les gens déclarent appartenir majoritairement à l’Église et font encore baptiser leurs enfants dans une large mesure mais il ne s’agirait là qu’un réflexe identitaire avec peu d’influence sur le cours de la vie au ras de sol! Désormais les Québécois sont perméables à d’autres influences spirituelles et culturelles et il en est ainsi je pense pour les peuples occidentaux ouverts à la globalisation. Les croyants ne veulent plus ou n’acceptent plus de se soumettre aux dictats de l’institution religieuse, ils revendiquent plus d’autonomie et marchandent leur allégeance et rejettent le concept d’une foi obligatoire. Ils sont marqués par l’individualisation et la subjectivisation des croyances religieuses. Ce phénomène m’apparait inéluctable devenant un trait marquant de l’homme de ce temps! La conséquence de ce phénomène se manifeste par un rapport plus critique devant l’institution, ses enseignements, ses mesures doctrinales. Et pendant ce temps, nous remarquons que les gens qui dirigent l’institution religieuse tentent de se maintenir au pouvoir en contrôlant les postes de direction et en se clonant entre eux. Douteraient-ils donc de la conduite sage et imprévisible de L’Esprit-Saint? Une autre question pourrait se poser : vise-t-on à promouvoir l’avenir du christianisme et de l’évangélisation ou à maintenir l’institution catholique? Les brebis semblent pacager en des clos hors de la conduite des bergers parce que ces derniers ont un message de moins en moins compréhensible, confirmant ainsi que le catholicisme officiel s’est exculturé lui-même des grands débats de société tant au plan économique, politique, éthique ou autre! Au Québec, les archevêques et les évêques sont totalement absents des médias! C’est une véritable tragédie de constater cette disqualification de la foi chrétienne dans les enjeux de notre société. Résignation ou démission de la part de ces pasteurs timorés? Cette absence a comme conséquence directe de donner à la foi chrétienne un visage déphasé et rétro! Cette perte d’influence de la foi chrétienne accentue encore plus une disqualification de notre Église au sein de nos sociétés. Il faut dire également que nous sommes, comme Église, responsables de cette situation pour plusieurs raisons : nous sommes en phase devant les valeurs de la société et de la culture de ce nouveau siècle, nous l’accusons de relativisme et autres assertions faciles comme si nous nous en méfions. Comment engendrer dans la foi une société que nous n’admirions pas? De plus, notre Église d’ici engendre peu dans la foi car elle a perdu son influence dans le monde de l’éducation et de la culture. Notre Église, en phase avec ce monde nouveau, parle plus de morale que de foi, ce qui n’aide pas à la chose! Et quand elle parle de morale, notre Église ne se gêne pas pour manier le bâton! Faut-il promouvoir des valeurs évangéliques ou condamner des personnes aux prises avec des situations complexes? Il me semble qu’il serait souhaitable de parler des enjeux de la vie : souffrance, mort, mal, amour, amitié…et d’apporter une vision évangélique à ces grands questionnements avec sens pastoral et compassion. Notre société séculière n’est pas agressive et n’exclut pas les valeurs spirituelles mais elle tient à ce que les contenus de foi soient soumis au débat public comme toutes questions au sein de la société. Mais là, notre Église n’ose pas parler avec les autres partenaires de la vie sociétale soit par prétention ou soit par mal être? Et par le fait même, notre Église accentue sa tragique exculturation au sein de notre société. Mais alors qu’est-il possible de faire devant une telle situation inédite? Bien des réponses sont apportées dans ce livre de Christoph Theobald, TRANSMETTRE UN ÉVANGILE DE LIBERTÉ. Dans l’avenir, nous devrons accepter de n’être qu’un levain au cœur de ce monde. De plus, nous serons des révélateurs du Ressuscité et de son action au cœur de notre Galilée, nous serons présents aux points de cassure, de tensions ou de conflits pour y déposer notre vision évangélique, nous serons simplement présents pour proposer une difficile espérance au sein des enjeux politiques, économiques et culturels, nous engendrerons dans la foi parce que nous serons des partenaires de ce monde, des partenaires qui aiment ce monde! Cette transmission de la foi, cette foi intransmissible, se fera bien simplement, au ras de sol, en épousant les joies et les peines du monde de ce temps, en étant des passeurs de la foi, en croyant à la vie, en respectant les doutes de l’autre, en engendrant dans l’amour de nouveaux croyants libres! Nous serons des passeurs de la foi et non plus des gens qui passent plus loin en prétextant leur devoir ou leur mérite et en jugeant de haut. Nous proposerons un Évangile des Béatitudes en nous rendant proches des souffrants et nous leur proposerons une parole de plénitude au cœur de cette finitude humaine que nous partageons tous. Nous prendrons notre part de souffrances pour l’annonce du Royaume en endossant la même pratique pastorale du Christ, en qui tout a été créé et par qui tout subsiste! En terminant, je citerai le théologien Christoph Theobald : Confesser qu’en Christ tout a été créé, c’est donc entendre en lui et grâce à lui, dans le silence de l’univers, la voix infiniment discrète du Père Donateur de toutes choses et percevoir la possibilité donnée avant et dès la fondation du monde d’accéder librement et par nous-mêmes à la source de la béatitude divine, cachée dans ce qu’Il a mis Lui-même entre nos mains la création- dont le Fils en premier et nous aussi sommes les héritiers ( Rm 8, 14-18). Oserons-nous reprendre la parole, celle de l’Évangile, au sein de notre monde, pour y apporter une Parole de salut et de plénitude, sans peur, avec audace et surtout pour la joie de ce monde? C’est la grande question qui nous est posée comme Église! Nous avons une nouvelle réponse à apporter à la question posée. Nous avons à donner à ce monde une parole qui soit libre et libératrice et surtout gratuite, celle de l’Évangile, bien adaptée à la culture et aux valeurs de ce monde d’aujourd’hui. C’est à titre que nous pourrons véritablement parler de nouvelle évangélisation. 10 juillet 2011 |
L'Évangile par-dessus le marché !
Par les temps qui courent, les lois du Marché font implacablement feu de tout bois. La vie humaine devient marchandise et doit obéir aux lois du marché. Notre monde s’est amputé de toute vision de transcendance et les absolus apparaissent de plus en plus minces. C’est le règne de l’individu, de ses besoins. Le monde est appelé à répondre à ses besoins et il lui présente désormais un supermarché où chacun peut trouver ce qui lui convient et comme cela lui convient. À chacun ses valeurs et sa vérité comme d’aucuns l’affirment déjà! Dans cette vision du monde, les valeurs de communauté, de nation, de groupe apparaissent appartenir à un autre âge. Après que la religion ait suscité l’enthousiasme du plus grand nombre, voilà que les valeurs nationalistes ont pris la relève et subissent maintenant chez nous le même abandon. Aujourd’hui, les gens ne veulent plus être corsetés dans un système quelconque où tout est contrôlé et tout est cause d’exclusion en cas d’abandon. C’est le règne de la libération individuelle et l’individu devient donc livré pleinement aux règles du Marché. Marché avec une majuscule puisqu’il devient le dieu des temps nouveaux! Comme le dit Jean-Pierre Denis dans son livre intitulé POURQUOI LE CHRISTIANISME FAIT SCANDALE, la logique marchande régit tous les rapports sociaux. Par exemple, les entreprises funéraires prennent en charge toutes les étapes du deuil et laissent la personne tout à fait dépendante de leurs services à la carte. Les étapes de la vie sont objets des règles de marché. Après les secousses vécues en mai 1968, on a remis toutes les valeurs en question, les engagements de vie, les rapports hommes-femmes, la place de la religion, les liens intrafamiliaux…La seule réalité qui est demeurée immuable est l’argent qui impose sa logique des affaires! C’est dans ce monde réel que désormais nous nous trouvons en train d’évoluer et dans lequel on doit tirer son épingle du jeu. Bien connaitre les règles de ce monde nous évitera beaucoup de naïvetés! Ce monde est déjà entré dans un processus de salut, de recréation car ce mouvement inauguré dans l’événement pascal se prolonge encore dans notre modernité. L’Évangile doit encore apporter son sel ou son levain par-dessus le marché. Tout un défi! La nouvelle évangélisation tentera donc de découvrir au sein de ce monde livré aux règles du marché, les valeurs latentes de salut. Si la nouvelle évangélisation est vue comme une tentative de reconquérir le monde au lieu de le servir, c’est là une entreprise lamentablement vouée à l’échec. Évangéliser ce n’est pas faire en sorte que les choses redeviennent comme avant, mais c’est révéler dans la nouveauté du monde, des éléments du Royaume! Quel beau défi en effet à réaliser. Ce nouvel homme de la postmodernité n’entend pas se faire dicter par quiconque ses comportements, ses engagements et ses valeurs! Il est autonome, il n’est ni conservateur ni progressiste, il est le troisième homme selon le mot de Jean-Pierre Denis. L’homme nouveau, l’homme du 21e siècle est libre, il a l’esprit pragmatique et scientifique, mais il est cependant aux prises avec les mêmes questionnements sur la vie, la précarité humaine, l’amour et la mort. Devant l’homme et sa modernité, l’Église doit impérieusement sortir de ses clivages idéologiques, de ses revendications de pouvoir et de contrôles et définitivement apporter sa richesse spirituelle sans chercher le contrôle de la situation! Comme dit Jean-Pierre Denis, l’Église doit sortir de la logique de la défense d’un pouvoir qui a été perdu pour toujours. Que l’Église cesse une fois pour toutes de défendre le passé, car la mission l’attend! Toute tentative de restauration illustre notre manque de foi en l’action de l’Esprit qui sans cesse renouvelle la face de ce monde. Devant ce monde régi par les lois du Marché, certaines valeurs chrétiennes apparaitront comme porteuses d’évangile. Certaines valeurs viendront faire contre poids aux valeurs fortes qui régissent le marché. Voici donc des valeurs qui feraient contre poids à ces valeurs fortes : le partage, le soin du petit et du fragile, le respect de la personne à toutes les étapes de sa vie, la valeur de la chasteté en regard d’une société qui marchande les appétits sexuels, la place accordée aux valeurs de la spiritualité, le don de soi et l’engagement dans le bénévolat, la place accordée aux personnes handicapées ou malades… Ces valeurs hautement évangéliques viendront contester l’hégémonie du Marché. La promotion de ces valeurs rendra possibles les réalisations du Royaume au sein de ce nouveau monde. Au sein de notre monde actuel, les chrétiens apparaissent désormais comme des marginaux. Nous nous sommes dépouillés de tout fantasme de puissance et d’autorité. Nous devrons vivre plus humblement, sans arrogance, tout simplement en proposant nos valeurs propres, en proposant notre espérance, en rappelant notre vision du monde et de l’Histoire porteuse du salut inauguré dans l’événement pascal. Au lieu de pleurer sur les gloires passées comme jadis le faisaient à Babylone, les déportés de Jérusalem, anticipons la nouvelle évangélisation avec audace et enthousiasme! En évitant certains pièges comme la fuite de ce monde en se réfugiant dans des tours d’ivoire avec notre vérité, nous nous ouvrirons à ce monde nouveau en y apportant notre spécificité, notre différence. Notre spécificité sera celle d’être des contestataires en rappelant que par-dessus le Marché, il y a la vie, l’amour, les valeurs transcendantales et philosophiques, les valeurs de don de soi, des valeurs porteuses de salut! Les premiers chrétiens étaient perçus comme subversifs au sein de la Rome antique parce qu’ils apportaient à ce monde de puissance, de classes dominantes et d’esclaves, à ce monde régi par les règles de puissance impériale, des contre-valeurs : le soin de l’esclave, l’égalité entre les personnes et leurs droits…Deux mille ans plus tard, l’Église doit quitter les rangs des puissants et redevenir une communauté de frères et de sœurs égaux engagés dans la promotion des valeurs de l’Évangile. La nouvelle évangélisation se fera donc en deux temps : en premier lieu, l’Église sera appelée à quitter tout comportement incompatible avec la simplicité de vie évangélique ( v.g. : les titres pompeux, les vêtements fastueux, les résidences somptueuses…) et en deuxième lieu, après s’être elle-même évangélisée, l’Église fera la promotion des valeurs du Royaume, des Béatitudes. La nouvelle évangélisation sera le chantier de ce siècle pour l’Église. Elle a du pain sur la planche car au lieu de se soucier du déclin de sa prépondérance, elle annoncera que le Ressuscité fait œuvre de salut et de recréation. Après avoir voulu sortir la religion de la religion , après avoir eu la tentation de la trafiquer à la carte, après lui avoir fait un procès parfois acerbe, les catholiques deviendront matures, redéfinis comme chrétiens, et enfin plus engagés dans la promotion de leur spécificité spirituelle. L’avenir de la foi retrouvée et renouvelée est donc possible audacieusement seulement en évitant les pièges de l’enfermement et de la suffisance. N.B. : Jean-Pierre Denis est directeur du magazine français LAVIE et LA VIE.FR 13 juillet 2011 |
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