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Roy, Alain. 40 façons de parler de Dieu, Novalis, 200 |
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Commençons par la parabole du tonneau percé. Un homme part tous les matins à très bonne heure vers la ville pour livrer de l’eau que contiennent ses deux tonneaux, c’est là son gagne-pain. Son tombereau est tiré par un vieux cheval : voilà toute sa richesse. Le pauvre homme possède deux vieux tonneaux de bois mais, comble de malheur, l’un des deux perd de l’eau, il est percé. Un matin, sur le chemin du retour de la ville, ce vieux tonneau fissuré dit à son propriétaire son désarroi de le voir perdre des sous à cause de ses pertes d’eau et lui présente toute sa peine et son regret. L’homme continue son chemin et rentre chez lui. Le lendemain, en route vers le ruisseau où l’homme remplit ses tonneaux, ce dernier fait remarquer au tonneau percé toutes les fleurs et les plantes merveilleuses qui poussent sur le bord du chemin et qui reçoivent tous les matins leurs précieuses gouttes d’eau venues du tonneau qui perd son eau. Cette petite histoire nous rappelle que là où nous ne voyons que fissure, plaie, handicap, le Seigneur voit des occasions pour que ces souffrances deviennent des occasions de dépassement, de relèvement et de croissance spirituelle. Combien de fois, ne voyons-nous pas des personnes traumatisées ou blessées par un abus, une violence, une rupture douloureuse devenir des personnes engagées dans des mouvements de libération ou encore soutenir des causes similaires. Leur perte aura permis à d’autres de fleurir sur la route de la vie. Il nous arrive de voir chez les autres seulement leur fissure en oubliant que ces plaies sont devenues des lieux de gestation et de dépassement. Un jour, il m’est arrivé d’être attiré par un bel érable au feuillage roux. De loin, le jeune arbre était une splendeur puisque son feuillage était chargé de lumière. En m’approchant, je m’aperçus que toutes les feuilles avaient soit une déchirure due au vent ou une échancrure causée par la morsure des insectes. Cela m’a fait comprendre que cet arbre était le symbole de l’humanité chargée de la lumière divine. À l’image des feuilles, chacun de nous porte une blessure, une fissure par où peut passer la grâce de Dieu. Mais cependant, vue comme un ensemble, au milieu du cosmos, l’humanité est une splendeur car elle fait la gloire de Dieu. Passons maintenant à la parabole du trésor. Un jour un moine avait entrepris la longue marche sur le chemin de Compostelle. Au cours d’une pause sur la route, le moine s’assied à l’ombre d’un arbre et découvre soudain et avec étonnement un caillou spécial, rempli de lumière, son œil est donc attiré vers l’objet. C’était une pierre précieuse, à vrai dire un diamant de très grande valeur. Regardant tout autour et ne voyant personne, il décide de déposer au fond de son sac ce caillou bien spécial. À la halte voisine, un homme s’approche du moine pour entamer une conversation et tout en parlant, aperçoit le caillou précieux au fond du sac du moine. Il reconnait tout de suite qu’il s’agit d’un diamant de grande valeur et en vient à demander au moine de le lui céder. Le moine accepte tout de suite et l’autre reprend la route au plus vite tout en rêvant à tous ces biens qu’il pourra s’acheter avec la vente de ce diamant. Le lendemain, cet homme se met à la recherche du moine pour lui demander le secret qui habite son cœur et qui lui permet de donner ainsi ce diamant. Ce secret lui semblait plus précieux que ce diamant. Ce moine avait découvert que les œuvres de paix, de pardon, d’amour deviennent en nous autant de pierres précieuses qui enrichissent notre personne et qui passeront avec nous et en nous dans la gloire du Royaume. En effet, l’apôtre Paul nous dit que lors du jugement, ceux qui auront produit des œuvres d’or, de diamant et de pierres précieuses après avoir choisi le Christ comme fondement de leur vie, passeront en gloire avec leurs œuvres de pierres précieuses car ils auront contribué à la réalisation du Royaume, à une plus grande humanisation tandis que ceux qui auront produit des œuvres de déshumanisation et de mal, passeront au feu qui détruira toutes leurs œuvres de mort mais eux seront sauvés par pure grâce et par pure miséricorde. (cf. 1Co.3,12-16) Ce moine avait découvert lors de ses longues pérégrinations sur la route de Compostelle que sa vie de foi et de lumière, aussi éclatante que ce diamant trouvé sur le chemin, passera sur l’autre rive de la vie, chargée de toute la splendeur du diamant. (1) Roy, Alain : 40 façons de parler de Dieu, Novalis, 2009. 27 juillet 2011 |
LA PARABOLE DU GEAI PARÉ DES PLUMES DU PAON Un geai bleu, plein de vanité, se para un beau jour avec des plumes de paon qu’il avait ramassées. Cet ornement emprunté lui causa tant d’orgueil, qu’il en conçut du mépris pour les autres geais de la colonie. Il les quitta et se mêla fièrement parmi une troupe de paons, qui reconnaissant sa supercherie, le dépouillèrent sur-le-champ de ses plumes postiches. Cet oiseau tout honteux après cette disgrâce, voulut retourner chez les geais, mais ils le rebutèrent violemment, et lui donnèrent tant de coups de bec, qu’ils lui arrachèrent toutes ses plumes empruntées ainsi que la plupart de ses propres plumes; de sorte qu’il se vit méprisé des autres oiseaux, et même ceux de son espèce. (D’après une fable d’Ésope ) Et que dire de ce chien traversant une rivière sur une branche, tenant dans sa gueule un morceau de viande, que la lumière du soleil fit paraitre plus gros dans l’eau, comme cela se produit normalement. Son avidité le poussa à vouloir s’emparer de ce qu’il voyait dans l’eau. Il lâcha donc ce qu’il portait dans sa gueule pour courir après cette ombre. C’est ainsi que sa gourmandise lui joua un vilain tour et qu’il apprit à ses dépens qu’il vaut mieux conserver ce que l’on possède, que de courir après ce qu’on n’a pas. (D’après une autre fable d’Ésope ) Ces deux petites paraboles en disent long sur notre propension à paraitre et à tendre à se faire valoir au lieu de respecter la vérité de notre être. À vouloir jouer un rôle au lieu de cultiver la nature réelle de notre être, nous nous épuisons en vain à faire valoir des valeurs superficielles en oubliant d’accepter notre propre soi. Pour y arriver, il importe de parvenir à nous pardonner nos carences et à aimer notre propre soi. Assumer ou fuir notre condition humaine, symbolisée par le fameux labyrinthe construit par Dédale en Crète et il dont s’est échappé avec son fils Icare, après avoir été condamnés par Minos, ce juge réputé par sa sagesse. Pour Icare et son père Dédale, la fuite du labyrinthe devenait une question de survie étant donné qu’ils étaient destinés à servir de pâture au Minotaure. On sait qu’Icare s’est fabriqué des ailes avec des plumes fixées par de la cire. En voulant fuir ainsi, Icare a vu ses ailes s’effilocher à cause de la chaleur du soleil pour ainsi tomber en pleine mer. Pour nous aussi c’est une question de survie de transformer le labyrinthe de notre condition humaine en tremplin vers un salut, une plénitude. Décidément, le salut consiste en effet, à transformer les labyrinthes de nos impasses en trouées vers la lumière de la vie. Non pas fuir à la manière du geai sa condition mais l’assumer et l’ouvrir à la libération et à la plénitude. Le geai a quitté la vérité de son être et s’est retrouvé complètement meurtri. Le chien a couru après une ombre en perdant l’emprise sur sa prise. Deux comportements et deux chemins sans issue. Une autre voie devient possible, explorons-la par cette parabole suivante. Un jour, un skieur un peu téméraire s’était aventuré sur une pente dangereuse à cause des avalanches possibles. Ce qui devait arriver arriva donc. Une coulée mortelle l’a enseveli sous un mètre de neige. Il fait tout pour se dégager mais en s’épuisant, il doute qu’il ne puisse un jour respirer le grand air de la montagne. Mais soudain, il crut percevoir l’odeur du parfum de sa femme. Ce parfum le rend encore plus fort pour se sortir de ce labyrinthe de neige et de ténèbres. Soudain, le skieur se dégage de sa fâcheuse position mais une nouvelle avalanche vint le couvrir une seconde fois. Se souvenant toujours du parfum de sa femme, il décuple ses forces pour se dégager de cette étreinte mortelle. Ce souvenir du parfum rallumait en lui le souvenir de ses amours et fouettait ses ardeurs à transformer ce labyrinthe mortel en tremplin vers la lumière et la liberté. Les chrétiens ont tous reçu le parfum du Christ à leur baptême, ce parfum c’est celui du saint-chrême, c’est un parfum que tout baptisé doit répandre autour de lui par ses actes de salut. Se souvenant de ce parfum qui marque à jamais son être, le chrétien doit lutter tous les jours pour transformer les labyrinthes des détresses humaines en tremplins de salut. Ce parfum reçu au baptême nous engage à dégager la bonne odeur du Christ par nos œuvres de tendresse et de miséricorde. Ce parfum nous engage à dégager, à libérer, à faire œuvre de résurrection à la suite du Christ. Ce parfum baptismal nous rappelle qu’un chrétien c’est un oint par la force de l’Esprit-Saint pour pouvoir se dégager de tout enfermement et s’engager à dégager de tout enfermement toutes ces personnes qui vivraient les détresses de ce geai fuyant la vérité de son être ou celles de ce chien succombant aux ombrages des faux-paradis. -Pierre-Gervais Majeau ptre-curé, diocèse de Joliette, QC. |
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Un âne tombe dans un puits. L’animal gémit pendant des heures et son propriétaire se demande que faire : «Ce puits à sec, pense-t-il, il faut de toute façon le reboucher; quant à s’épuiser à sauver cette vieille bourrique…» Le fermier décide donc de combler la cavité, aidé de quelques amis. Avec les premières pelletées, l’âne se met à braire de plus belle. Il crie, il pleure, puis plus rien. Étonné, notre homme s’approche de la margelle… et n’en croit pas ses yeux. À chaque motte qui s’abat sur son dos, le baudet s’ébroue pour la faire tomber… avant de monter dessus et d’attendre la suivante! Tant et si bien qu’il s’approche peu à peu de la surface. Et il s’échappe enfin joyeusement de son tombeau improvisé, à la stupéfaction générale. Cette parabole de l’âne nous apprend bien des choses sur le sens des épreuves qui traversent nos vies. En effet, il arrivera un jour ou l’autre où nous semblerons vivre l’épisode de l’âne tombé au fond du puits. Un verdict médical sévère, un accident de voiture grave, la perte d’un conjoint, la perte d’un enfant, la perte d’un emploi rémunérateur… ce sont là des accidents graves pour lesquels personne d’entre nous n’est à l’abri. Quand la cassure se produit dans nos vies, nous sommes alors projetés dans la remise en cause de tout notre être. La question qui surgira alors en nous sera la suivante : POURQUOI CELA M’ARRIVE-T-IL? Ou encore la question de l’auto-accusation : QU’EST-CE QUE J’AI BIEN PU FAIRE POUR QUE CELA M’ARRIVE À MOI? Ce sont là deux questions cul-de-sac pour lesquelles je n’arriverai pas à trouver des réponses satisfaisantes! La vraie question ce serait bien la suivante : COMMENT VAIS-JE VIVRE CELA POUR M’EN SORTIR PLUS VIVANT? Il est normal de vivre un temps d’affaissement moral à la suite d’une sévère mise en échec et de vivre alors un temps de déni ou encore un temps de dépression. Un recul d’énergie nous permettra peut-être de mieux rebondir vers l’avant. Il serait cependant problématique que je n’arrive pas à reprendre l’initiative du rebond et de me cantonner dans le déni et l’affaissement. Une aide sera alors nécessaire pour provoquer en moi le désir de reprendre courage et de reprendre le chemin du combat pour la vie. D’autres personnes vivront alors un temps de révolte et de colère. La colère sera bénéfique si elle me provoque à prendre soin de moi-même et à me remettre en route pour réparer la brèche creusée en moi à la suite d’une grave épreuve. Mais si ma colère me provoque à la violence, à la vengeance, à l’autodestruction, elle devient alors maléfique. Il n’est pas rare d’entendre aux nouvelles des récits d’actes violents perpétrés par des personnes qui vivent une colère morbide : un père tue ses enfants et tente de se suicider par la suite ou encore un autre s’en prend à son ex-conjointe en tentant de l’assassiner. Il arrive aussi que des personnes vivent un temps de résignation à la suite d’une grave épreuve. Ces personnes n’arrivent plus à rebondir, elles se laissent aller ayant perdu l’estime de soi qui leur permettrait de trouver la motivation nécessaire à la reprise en main de leur personne et de leur destin. Cette contre-valeur de la résignation a pourtant été dans le passé une valeur bien privilégiée. La résignation ou la soumission feront en sorte que la perte subie devienne irrécupérable et permanente. La sagesse me dicte qu’il est préférable pour moi que toute perte subie me provoque au dépassement, à la prise en charge de ma personne fragilisée. La sagesse m’apprendra QU’IL EST SOUHAITABLE DE TRANSFORMER TOUTE PERTE EN GAIN et en occasion de croissance et de dépassement. Quand j’agis ainsi, je prends soin de moi-même, je me mets en situation de guérison et de libération. Évidemment, le chemin exigeant de la prise en main de soi en est un de courage et de dépassement mais c’est le seul chemin qui soit libérateur. Pour illustrer mon propos, j’utiliserai la parabole de la baleine et du papillon : un jour, une baleine s’échoua sur une plage d’une mer du nord. Elle se trouvait alors dans un état de désespérance totale. Mais il est connu qu’un vol de papillon dans l’hémisphère sud peut engendrer des vents qui provoqueront des marées monstres et ces marées viendront libérer la baleine de sa plage funeste… C’est charrié comme parabole mais cette histoire vient nous apprendre que les petits gestes ont leur portée, leur importance! Si je me trouve dans un état souffrant, il m’importe de faire feu de tout bois, de transformer les petits moments de la vie en occasion de croissance, de gain. Pour y arriver, il est nécessaire de retrouver une bonne image de soi, une estime de soi qui nous provoque à prendre soin de soi, à se gâter quoi! Comme il serait heureux de me rappeler quand viennent les heures sombres de la vie, que tout peut devenir instant et moment de grâce si je transforme ces temps de perte ou d’épreuve en temps de dépassement, de simplification de ma vie, d’épuration spirituelle. Si je suis habité par la foi, je puiserai dans ma foi les sources d’espérance et de motivation nécessaire et je serai en mesure de mettre en perspective ou en relief ces temps de perte dans la longue suite de ces temps me conduisant à la plénitude. Si je vis chaque occasion de perte comme des petites morts qui me provoquent à de petits relèvements, je serai en mesure de vivre la grande perte de la mort comme une occasion d’un grand relèvement, d’une grande résurrection. LA VRAIE SAGESSE ME RAPPELLE QU’IL EST HEUREUX DE TRANSFORMER NOS PERTES EN GAINS, en occasion de dépassement, de relèvement, de résurrection! 31 mai 2011 |
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