Ma définition de l'étymologie:
La recherche du sens d'un mot par son histoire
et le plaisir d'en savourer la profondeur, la puissance, l'étendue.
Au moment où les chrétiens s'apprêtent à entrer en Carême, on peut mieux comprendre le sens de:
Ancre: Ancre vient du lat. ancora, et du grec agkura. L'image derrière cette racine (ank-) est un coude, un angle, une chose recourbée, un crochet.
Dans Hébreux 6,19, on lit: «En elle, nous avons comme une ancre de notre âme, sûre autant que solide, et pénétrant par-delà le voile, là où est entré pour nous, en précurseur, Jésus, devenu pour l'éon grandprêtre selon l'ordre de Melchisédech.»
L'ancre symbolise l'espérance dont il est question dans He 6,9-19. Dans le monde antique, quand le mer se déchaîne, l'ancre fixe, attache, immobilise. Ainsi, l'espérance est un soutien dans les difficultés de la vie. (DS)
accueillir
Constitué du préfixe latin ad- qui a donné en français par assimilation ac- (et qui marque, dans ce cas, un renforcement) et du v. lat. colligere, cueillir, qui signifie rassembler, réunir.
Le lat. colligere est lui même constitué du v. lat. legere, cueillir, lire, et du préf. cum (avec), co-, avec le sens général de rassembler, réunir. Ce sens général est disparu pour ne garder que le sens français de «récolter».
Au cours des âges, le sens de accueillir s'est spécialisé pour signifier «recevoir bien ou mal», puis «recevoir favorablement» et «aider, protéger». (DH)
adolescent
Du lat. adolescens, participe présent de adolescere «grandir», verbe qui forme un couple opposé avec abolescere et abolere, qui a donné le fr. abolir. Selon Robert, on peut supposer, au delà de l'opposition marquée par les préverbes ad- (qui indique le renforcement) et ab- (qui indique la diminution), une source commune à rapprocher du lat. alere «nourrir» (aliment).
aliéner.
Le verbe d'abord emprunté au lat. alienare, veut dire «rendre autre» ou «rendre étranger», lui-même dérivé de alius, autre. En parlant des choses, aliéner veut dire «céder, transférer un droit», en parlant de personnes, «rendre hostile, rendre fou».
Aliéné s'est dit dans un passé récent à la place de «fou».
Aliénation se dit aussi pour une vente, la cession d'un droit. Mais le mot aliénation et son dérivé aliénant ont connu leur popularité sous la plume du philosophe Hegel, puis de Marx, pour décrire «l'état où l'être humain est comme détaché de lui-même, détourné de sa conscience véritable par les conditions socioéconomiques».(Dict. Robert historique)
aliment: voir alma dans la page des latinismes.
amour.
Vient du latin amor, (gén. amoris), lui-même dérivé du verbe amare, aimer. Le latin Amare est peut-être un mot populaire expressif à rapprocher de «amita» (tante) et de «amma» (maman).
Amare a pris les deux valeurs, affective et érotique, des deux verbes grecs philein et eran, donc amor correspond à la fois à philia et à erôs.
Ce qui est intéressant avec le grec, c'est qu'on trouve des nuances qu'on n'a pas en français. Le mot biblique hébreu ahâhâ est traduit dans la Bible par le grec agapè, dont le verbe agapaô veut dire «accueillir avec affection», spécialement un enfant, un hôte. L'agapè signifie pour l'évangéliste Jean l'amour de Dieu pour les humains.
On a donc trois sens pour aimer: 1) agapè, l'amour prévenant de Dieu pour les hommes, 2) philia, l'amour d'amitié , en particulier celui que montre Jésus et qu'il exige des fidèles, 3) erôs, l'amour passionnel qu'on ne trouve pas dans la Bible.
Le français agape est employé au sens de repas fraternel.
an, année
Du latin annus qui veut dire:
1. cercle, durée d'une révolution (de la terre autour du soleil);
2. automne, récolte, temps de la récolte.
Selon RH (Le Robert historique), an semble autochtone de l'Italie, proche de l'osque (akenei «dans l'année») et de l'ombrien (aenu, à l'accusatif pl.); il signifie récolte annuelle.
En latin, l'annona veut aussi dire la récolte annuelle.
L'expression jour de l'an serait attestée à partir du XIVè s.
L'expression bon an mal an exprime «en moyenne, les bonnes années compensant les mauvaises» et nous rapproche du sens original de récolte.
Des mots comme annuaire, annales, dérivent de année, parce qu'il sont publiés annuellement.
Ancre: Ancre vient du lat. ancora, et du grec agkura. L'image derrière cette racine (ank-) est un coude, un angle, une chose recourbée, un crochet.
Dans Hébreux 6,19, on lit: «En elle, nous avons comme une ancre de notre âme, sûre autant que solide, et pénétrant par-delà le voile, là où est entré pour nous, en précurseur, Jésus, devenu pour l'éon grandprêtre selon l'ordre de Melchisédech.»
L'ancre y symbolise l'espérance dont il est question dans He 6, 9-19. Dans le monde antique, quand le mer se déchaîne, l'ancre fixe, attache, immobilise. Ainsi, l'espérance est un soutien dans les difficultés de la vie. (DS)
août.
Huitième mois de notre calendrier, mais sixième mois du calendrier romain (Mars, le premier, et septembre le septième), août vient du lat. agustus ou augustus, nom substitué à sextilis mensis, en l'honneur de l'empereur Auguste. Juillet a été nommé en l'honneur de Jules César.
En arboriculture, on connaît aoûté,e ou aoûtage, en parlant des jeunes pousses qui deviennent ligneuses à la fin de l'été.
Aphorisme: Du lat. aphorismos, emprunté au grec aphorismos «définition», de aph (apo) et horismos «délimitation». Cf. le français horizon. Le mot s'est étendu aux maximes politiques, puis à tout bref précepte, notamment moral.
arme
Dérivé du nom lat. au neutre pluriel, arma, qui vient probablement du v. lat. armare et du nom lat. armus «haut du bras, épaule». Les arma sont tout ce qui garnit ou prolonge le le bras» dans la lutte, particulièrement les armes qui restent près du corps, notamment le bouclier, mais aussi les instruments de combat.
aruspice vient du mot lat. haruspex, d'un élément probablement étrusque haru- «les entrailles» et du lat. spicere «examiner». Il désigne le prêtre-devin qui examinait des signes naturels (d'abord les entrailles des bêtes sacrifiées) pour interpréter la volonté des dieux. On écrit aussi haruspice. Voir > augure et auspice.
athlète
Vient du grec athlon «prix d'un combat, récompense». L'athlète est «celui qui combat pour une récompense». L'esprit sportif consiste non seulement dans la participation à un événement, mais à la compétition pour obtenir la récompense. Et en ce sens, la cérémonie où on remet les prix fait partie de l'événement. Quand un athlète quitte les lieux avant la remise des prix, par exemple lorsqu'il est déçu de sa performance, il manque vraiment à l'esprit sportif que dvrait avoir tout athlète. Inversement, il est un athlète éprouvé s'il sait se rendre jusqu'au bout, c'est-à-dire accepter de ne pas être le premier ou de reconnaître la valeur du vainqueur.
augmenter
Vient du v. lat. augere «faire croître, s'accroître». Avec ses temps primitifs, augeo, -es, auxi, auctum, -gere, ce verbe est à la source de nombreux mots latins et romans, dont augure (qui prédit, annonce), auguste (élevé, digne), auteur (celui qui produit), autorité (puissance, qui a de la valeur), auxiliaire (qui aide, est effice, guérit).
Certains se rappelleront peut-être du mot augment, en grec, voyelle ajoutée devant un radical débutant par une consonne (lier, en grec luôn, au passé, je liai, eluon, le e- est un augment).
augure
Le mot vient du n. lat. augur «prêtre qui fournit des présages favorables», c'est-à-dire propres à accroître, du lat. augere «augmenter». Le sens premier de augur et augurium concernait le développement d'entreprises favorisées par les dieux. Cicéron, dans le latin classique, employaitdéjà le terme augurium dans le sens de «prévision». Voir > auspice et aruspice.
Auguste
Selon le Robert historique, dérivé de augur (augure), adjectif qui s'est dit des entreprises semblant vouées au succès, «de bon augure». Puis s'est appliqué à l'empereur à partir d'Octave, pour traduire le grec sebastos, qui signifie «digne de respect, vénéré». Ce mot a d'ailleurs donné le prénom Sébastien. Sebas, en grec, a le sens de crainte religieuse.
En 27 av. J.C., à la suite de luttes de pouvoir contre Lépide et Antoine, dont il sort vainqueur, Octave se départit de sa dictature pour remettre le pouvoir au Sénat romain. Néanmoins, il conserve le consulat et plusieurs provinces et le commandement de l'armée. C'est alors qu'il reçoit, sur proposition de L. Munatius Plancus, le titre d'Auguste (gr. sebastos, vénérable) qui le place au dessus de l'État. Il reçoit aussi le titre d'imperator, qui veut dire «général», à l'origine du mot empereur. On lui a également décerné le titre de princeps ou de «premier citoyen». C'est le titre qu'Octave a préféré. En 2 av. J.C., sur proposition de Messala, le Sénat lui décerne le titre honorifique de pater patriae, «père de la patrie». Que dire de plus! Les titres reflètent finalement une période historique de prospérité pour l'Empire romain (44 av. J.C. à 14 ap. J.C.), qui suivait un siècle de révolution. On comprend que le peuple romain lui ait attribué tous ces titres.
auspice peut être rapproché de augure; le mot vient des mots latins avis «oiseau» et de spicere «examiner». Le prêtre romain, auspex, prédisait l'avenir par l'examen du vol des oiseaux. On emploie l'expression sous les auspices de... dans le sens de «sous la protection de...» étant sous-entendue une prévision favorable. Voir > Augure et aruspice.
bible
est le terme désignant les Écritures saintes hébraïques, auquel les Chrétiens ont ajouté le Nouveau Testament, vient du latin biblos ou biblus, papyrus, plante dont les tiges battues servent pour écrire. Par extention, il se dit d'un travail important, d'un livre qu'on consulte souvent, et surtout d'un ouvrage auquel on se fie complètement.
bissextile
Est formé de bis «deux fois» et de sextus «sixième», parce que le jour intercalé tous les quatre ans dans le calendrier julien, placé après le 24 février, était le sixième jour avant le calendes de mars.
bonheur (étymologie surprenante!)
L'expression est composée de bon et de heur. Mais heur n'a rien à voir avec l'heure du jour ou le temps.
HEUR dérive par évolution phonétique du lat. agurium et augurium «présage favorable ou non», d'où «chance, bonne ou mauvaise», mais en particulier bonne chance. Ex. «Tu as eu l'heur de lui plaire», déformée en «Tu as l'air de lui plaire».
Augure appartient à la famille du lat. augere, «s'accroître». Le mot a fini par prendre le sens de «sort, condition, destinée».
carnaval: Du lat. carnelevare, composé de carne «viande, chair» et de levare, signifie enlever, ôter (la viande). En effet, la semaine, la veille ou les jours précédant le Mercredi des Cendres, on célèbre le carnaval, on s'apprête à entrer en carême, à enlever la viande de son régime alimentaire.
carême
D'abord caresme (noter que le « s » est devenu un accent circonflexe), issu du latin quaresima, altération de quadragesima (dies). Le mot désigne la période de 46 jours de jeûne qui va du mardi gras (veille du mercredi des cendres) à Pâques.
Le mot entre dans l'expression populaire «face de carême».
chemin
On peut lire dans l'évangile de Luc, au chap. 24:
v. 13: Et voici que, ce même jour, deux d'entre eux faisaient route vers un village du nom d'Emmaüs, distant de Jérusalem de soixante stades...
v. 32: Et ils se dirent l'un à l'autre`«Notre coeur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin...»
Et dans l'évangile de Jean, au chap. 14:
v. 6: Jésus lui dit: «Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie.»
Ces références me servent de prétexte à faire un peu de publicité pour mes amis Carl, Yves, et Chantal, nouvelles étoiles dans le ciel de la musique religieuse, qui ont formé le Groupe GENÈSE et ont enregistré leur premier CD avec la Maison InterCD. Leur album est titré: Je suis le chemin. Bravo, Chantal, Yves et Carl!
chemin vient du latin populaire camminus, attesté sous la forme camino, un mot celtique qui désigne une voie tracée dans la campagne, par opposition à rue.
Seuls, route et voie viennent du latin ancien.
Voie est issu du latin via «voie, route, chemin, rue» par opposition à semita «sentier, trottoir».
Route, de façon moins évidente, est issu de rupta, nom provenant de via rupta; rupta est le participe passé de rumpere «briser, ouvrir» comme dans «ouvrir, pratiquer un passage». Le mot a désigné une chemin ouvert dans une forêt pour faciliter les charrois, la chasse, la promenade, puis une voie de communication d'importance.
coeur
Rappelons son origine grecque kardia et latine cor (génitif cordis, accusatif cordem). Le terme désigne l'organe central de la circulation sanguine et, par un symbolisme culturel ailleurs assumé par le foie, le «siège des émotions, des passions, de la pensée, de l'intelligence, de la mémoire et de la volonté».
Par la racine indo-européenne °k'erd-, on peut voir la parenté avec l'allemand Herz, anglais Heart, le russe Сердце (prononcez sierdsi).
communication
Communication est un mot qui a une histoire intéressante. Comme «communiquer», il vient du v. lat. communicare qui veut dire «avoir part, partager», comme le mot «communier» en français. Communicare est composé de la prép. lat. cum (avec), devenue préfixe, et d'un anc. v. lat. municare (qui avait le même sens de «avoir part...»). Municare est un dérivé probable du n. lat. munus qui veut dire «charge, devoir, service (surtout public)».
L'idée première, donc, derrière le v. communicare est le partage d'une charge. On peut les mettre en rapport avec les mots latins munitio (le fait de travailler à des fortifications), munitus (fortifié). Quand les humains se sont regroupés, une des premières charges qui devait être partagée était sans doute celle de fortifier l'endroit où on habitait ensemble.
Quand le mot «communiquer» fut bien intégré au français (vers le 15è s.), il a signifié «partager avec quelqu'un un sentiment, une idée», d'où le terme courant aujourd'hui de communication.
croire
Issu du v. lat. credere, prêter, confier, ajouter foi, se fier à, croire en quelqu'un, mettre sa confiance en quelque chose.
En français, le verbe croire signifie, en langage religieux, «avoir foi» ... en Dieu». Croire EN implique une croyance spirituelle et morale tandis que Croire À implique une croyance intellectuelle. Croire à sous-entend parfois une croyance naïve, comme croire au Père Noël.
Le terme a aussi le sens non religieux «d'admettre...» quelque chose pour vrai.
croix
Du latin crux, crucis, désignant plusieurs sortes d'instruments de supplice: le pal, la potence, la croix. L'usage de cette dernière apparaît à l'époque des guerres puniques* (264-141 av. J.C.). Le supplice de la croix était réservé aux esclaves, puis à ceux, malfaiteurs et voleurs, qui n'avaient pas le titre de citoyens romains. Dès Plaute (254-184 av. J.C.), crux est courant en latin et entre dans des locutions proverbiales; il prend le sens de «torture morale» et, par métonymie**, désigne le tourmenteur.
La langue de l'Église l'utilise pour désigner la croix du Christ. Le culte de la croix apparaît chez les premiers fidèles, mais ne figurent pas sur leurs monuments avant le Vè s., sinon sous les formes cryptées du T, de l'X ou de l'ancre.
Bien que son sens apparaisse situé aux antipodes, est-ce que le terme croisière vient aussi de crux? Eh oui! Croiser (d'abord cruiser) veut dire «disposer en croix». S'engager pour la croisade voulait dire «revêtir un vêtement portant la croix». Sur le plan spatial, le terme veut dire «rencontrer quelqu'un en allant dans le sens contraire», puis s'est spécialisé dans le vocabulaire marin, en parlant d'un navire qui va et vient dans des parages déterminés pour y faire la surveillance de la navigation. Aujourd'hui, le terme croisière a le sens tout à fait agréable et/ou instructif d'un voyage sur un paquebot ou navire de plaisance. On s'est un peu éloigné du supplice, n'est-ce pas?!
*Punique: guerre entre les Romains et le Carthaginois.
**Métonymie: procédé de langage par lequel on exprime un concept au moyen d'un terme désignant un autre concept qui lui est associé par une relation nécessaire (par ex., la cause pour l'effet...).
cueillir
Du latin colligere, composé ancien de legere «cueillir» et cum «avec», signifiant «réunir, rassembler». Les sens généraux de «prendre, emporter qqn, recueillir, accueillir, percevoir et collecter» sont sortis de l'usage au profit du sens plus restreint de «récolter» en parlant de végétaux.
Mais cueillir a repris le sens de «prendre, ramasser» dans la langue littéraire et, avec une idée de surprise, le sens familier de «prendre aisément qqn», comme cueillir un voleur ou un adversaire.
Le latin carpe, impér. de carpere, vient du grec karpô «porter des fruits, recueillir, récolter». Le nom grec karpos signifie autant un fruit que le poignet. Les 8 os du poignet s'appellent carpes. on a rapproché le grec karpos d'un verbe germanique signifiant «tourner». Peut-on conjecturer un lien du fait que l'action de récolter un fruit implique souvent un mouvement du poignet, celui de tourner? Ainsi, lorsqu'on cueille une pomme, elle se détache plus facilement si on tourne que si on tire simplement sur le fruit.
Dieu
Du lat. deus, dieu, qui vient de la racine indoeuropéenne °dei-, briller. D'une racine associée °deiwo-, lumière céleste, vient le latin divus, divin, dont dérive le français divinité, déesse, dive, diva, devin, deviner, divination. La racine indoeur. °dyeu-, lumière terrestre, a donné le grec Zeus, le latin ju, jour (Juppiter ou jour du père), le latin dies, jour, qui à son tour en association avec le nom des dieux a donné les jours de la semaine.
Le français a gardé les expressions: Dieu merci (à la merci de Dieu), dire adieu (formule de recommandation à Dieu), discours ou visite d'adieu, à dieu vat. (ancien souhait de bonne navigation).
divertir
Le verbe «divertir» vient du lat. divertere, lui-même formé du préfixe di- ( de la prép. lat. dis, marquant la division ou la négation) et du v. lat. vertere «tourner» et, intransitivement, «se tourner, se diriger, changer». Le verbe a connu à peu près la même histoire que distraire; il a signifié «détourner (qqn) de qqch». Il a été employé dans le domaine de la pensée pour «amener qqn à d'autres idées» sans nuance particulière de gaieté; puis il a conservé le sens de «s'amuser, se distraire en se récréant».
Une phrase de Properce (poète latin, 50 av. JC à 16 ap. JC):
Ô utinam vertat in auriculas! Plaise aux dieux qu'elle (ma voix ou ma prière) arrive à leurs oreilles!
droit
L'étymologie du mot «droit» est intéressante parce qu'il faut prendre garde à la fausse étymologie. Il est vrai que, dans la science des augures et des auspices*, la droite et la gauche avaient le sens de favorable et de défavorable. Encore faut-il préciser que l'augure interprétait comme un signe défavorable le fait que le vol d'un oiseau venant de la droite; dans le cas où le vol venait de la gauche, c'est un bon présage.
En latin, dexter veut dire «à droite ou favorable», tandis que sinister veut dire «à gauche ou de mauvais augure». Dexter a aussi le sens de «adroit ou habile», au sens où on sait bien se servir de la main droite. L'adjectif «droit, droite» dans le sens strictement spatial (du côté droit) a supplanté l'ancien français dextre de même que gauche a supplanté l'anc. fr. sénestre.
L'adjectif «droit, droite» vient plutôt du lat. directus, «placé droit (horiz. ou vertic.), direct, en ligne droite, sans détour, juste». Directus est dérivé du v. lat. dirigere, «redresser, régler, tracer en ligne droite, aligner», lui-même dérivé du v. lat. regere, «régir, guider, conduire (rex, roi)». En français, on a retenu surtout le sens de «juste, honnête, loyal» et «qui suit un raisonnement juste, sensé». Associé à ce sens, on a la droiture.
Le nom «droit» vient du lat. directum (de l'adj. directus) et veut dire «application de la loi, justice» depuis le 6è siècle, puis à partir du 8è s. «règles, ensemble de lois». Dès 1080, le terme «droit» est couramment employé pour désigner au singulier comme au pluriel «ce qui est permis ou exigible selon les principes d'une morale ou d'une législation».
*Augures et auspices: divination tirée de l'observation des habitudes des oiseaux. La fonction de l'augure n'était pas de révéler l'avenir, mais de dire si le cours d'une action proposée avait ou non l'approbation des dieux. Pour prononcer un augure, on s'appuyait sur des signes comme le vol des oiseaux et notamment la direction d'où il venait.