Section 1: Pourquoi faire baptiser?
Q.1.1- Est-il correct de baptiser un enfant, alors qu'il n'a pas son mot à dire dans cette décision?
Certains parents se demandent s'il font bien de baptiser leur enfant nouveau-né. Ils ont l'impression qu'ils imposent à leur enfant l'entrée dans la communauté des croyantes et croyants. Et quand ils participent à une préparation au baptême, ils prennent bien soin de s'en défendre: «Nous demandons le baptême pour lui, mais il choisira plus tard.»
La question se comprend bien dans le contexte d'aujourd'hui, où plusieurs chrétiens et chrétiennes se sont éloignés de l'Église après avoir remis en question la foi reçue de leurs propres parents. Ces parents se sentent mal venus d'imposer en quelque sorte une confession religieuse à leur enfant. Pourtant, le fait de demander le baptême indique bien leur conviction que c'est la bonne démarche à faire.
De plus, à notre époque d'affirmation des droits de la personne et à la suite du Concile de Vatican II qui a réaffirmé le droit à la liberté religieuse (1965), on considère juste que chacun puisse choisir librement et en toute conscience d'appartenir à une religion et de la pratiquer.
Mais, mettons-nous dans la situation où je viens de me convertir et de recevoir le don de la foi. Est-ce que je ne voudrais pas immédiatement le partager avec tous les membres de ma famille et surtout avec ceux que j'aime le plus, mes enfants? Demandons-nous également: est-ce que nous attendons que l'enfant soit en âge de choisir de bons aliments pour lui donner ce que nous considérons meilleur pour sa santé?
Il est sûr que si les parents, après le baptême de l'enfant, ne font rien pour aider leur enfant à grandir dans la foi, on peut se questionner sur la valeur du geste posé. Pense-t-on que, comme parents, on n'a rien à faire pour que l'enfant se sache aimé de Dieu? Croit-on que ça va se faire tout seul? Il est évident donc que la question nous renvoie à notre responsabilité d'éducation. Suis-je autant préoccupé de la vitalité spirituelle de mon enfant que de sa santé physique? Et pour commencer, suis-je préoccupé par la vitalité de ma propre foi?
Q. 1.2 - Peut-on engager un enfant qui refusera peut-être ce que nous avons choisi pour lui?
Ça dépend comment vous voyez vous-mêmes le baptême. Vous pouvez voir ce geste comme une sorte de carcan ou bien comme un cadeau offert à votre enfant. Le baptême donne à votre enfant l'occasion de découvrir le Christ qui libère les humains du péché et de ses conséquences.
C'est vous, les parents, que le baptême engage. Au fur et à mesure que votre enfant sera instruit de la foi et de ses exigences, c'est lui qui sera appelé à s'engager. En attendant ce moment, votre foi vous appelle à vivre de l'Esprit du Christ, qui est un esprit de pauvreté, de douceur, de paix, de compassion, de justice. En faisant baptiser votre enfant, vous vous engagez à montrer à votre enfant comment vivre en accord avec ces valeurs et l'Esprit de Jésus.
Et, malgré tout ce que vous aurez donné à votre enfant et tout ce que vous aurez fait pour le guider, il pourra s'écarter de la voie tracée. L'Esprit de Jésus est un esprit de liberté; et il n'y a d'amour vrai que libre. Oui, votre enfant pourra choisir un autre chemin, mais parions que les valeurs inspirées de la foi que vous lui aurez montrées par votre vie, resteront ancrées dans sa personnalité et le guideront dans sa recherche de la vraie vie.
Q. 1.3 - Je ne pratique pas. Est-ce que le curé refusera de baptiser mon enfant?
Je ne peux pas répondre à cette question à la place de votre curé. Mais je peux vous dire ce que j'en pense.
Je trouve utile de clarifier d'abord la question de la pratique. Vous et moi savons bien qu'une minorité de ceux et celles qui demandent le baptême sont «pratiquants», au sens où ils fréquentent régulièrement la messe du dimanche. À nos rencontres de préparation, la pratique dominicale revient invariablement sur le tapis. Qu'en disent des «non-pratiquants»: nous pensons à «Lui» dans la prière personnelle et/ou nos actions quotidiennes sont inspirées par de bonnes valeurs. On sous-entend ou on en vient à dire que la pratique dominicale est accessoire pour être un bon chrétien.
Justement, une rencontre de préparation au baptême, pour moi, ça peut devenir l'occasion de se dire ensemble ce que c'est de vivre en bon chrétien. De quoi est faite cette nouvelle vie? Oui, Jésus a prié et a montré comment prier. Oui, il a exigé de ses disciples qu'ils dépassent la pratique de la Loi, pour vivre des valeurs de justice, de compassion, de pardon, de paix. Mais, ne l'oublions pas, il a aussi enseigné et a demandé à ses disciples de faire mémoire du don de sa vie pour nous. Lorsque les chrétiens sont rassemblés le dimanche, ils se ressourcent à la Parole de Dieu, ils font eucharistie, ils reconnaissent dans une prière communautaire le salut que le Père leur donne par son Fils Jésus. Après la messe, la vie de chrétien se prolonge dans l'engagement au service des autres, dans des actions de justice, dans des paroles droites, dans des pensées pures, où l'on vit de la vie de Jésus Ressuscité.
Avant d'accepter de baptiser un enfant, le ministre du sacrement (le curé dans plusieurs cas) doit prendre le temps de discuter avec les parents du sens de leur demande. Ont-ils l'intention de faire entrer leur enfant dans la famille de ceux et celles qui désirent vivre de la vie de Ressuscité de Jésus? Ont-ils le désir sincère de suivre l'enseignement de l'Évangile et s'engagent-ils à le montrer à leur enfant?
D'une part, il est bon de se rappeler que le ministre est le représentant du Père qui donne généreusement le salut à tous les humains. Ce que les baptisés en font après, ça relève de leur responsabiblité. D'autre part, le ministre a lui aussi face à l'Église et face à Dieu la responsabilité de voir à ce que le geste sacramentel du baptême garde sa valeur et sa pleine signification.
Je conclus en disant que votre question trouvera sa réponse dans une franche conversation avec votre curé.
Q. 1.4 - Mise à part la foi à quoi sert le baptême?Je suis un peu mêlé étant donné que je me demande à quoi servirait de baptiser mon enfant étant donné que je ne pratique même pas ma religion. J'aimerais avoir votre commentaire. Merci.
Théoriquement, le baptême est un rituel qui sert aux parents (si le baptisé est un enfant) ou bien au catéchumène-adulte à exprimer leur foi dans le salut que Dieu offre aux humains. Le baptême est reçu après avoir suivi une préparation à la vie chrétienne et en comprenant bien l'appel de Dieu à changer de vie pour vivre en conformité avec les enseignements de Jésus, le Christ.
En pratique, nous approchons tous plus ou moins de cet idéal. Le baptême d'un enfant a vraiment du sens quand il se situe dans un contexte où les parents ont la foi, mettent en pratique les enseignements de l'Évangile et ont l'intention d'éduquer leur enfant dans cette optique. Nous pratiquons notre religion principalement en aimant Dieu et notre prochain, en pratiquant l'entraide, le soin des pauvres, la justice, en nous réunissant fréquemment avec les autres croyants en Jésus Christ pour célébrer notre nouvelle vie. Nous croyons qu'en écoutant la proclamation de la Parole de Dieu à la messe et en célébrant les autres sacrements, l'Esprit saint ne cesse de nous appeler à mieux répondre aux appels de Dieu.
Le baptême, pour certains parents qui font partie de la religion catholique uniquement parce qu'ils ont été eux-mêmes baptisés, mais suivent leur religion sans grande conviction, se résume à une belle cérémonie pour exprimer que toute la famille réunie est heureuse d'accueillir le nouveau-né. Pour d'autres, le baptême consiste à mettre Dieu de notre côté et à procurer à l'enfant une assurance-bonheur de plus. Quand les choses se présentent ainsi, je me dis que le désir et la demande du baptême sont comme une petite flamme au coeur de ces parents où l'Esprit saint travaille, bien souvent à notre insu. Lorsque je les rencontre pour la préparation au baptême, mon rôle est de donner de l'oxygène à cette flamme et non de l'éteindre.
Dans la vie, nous posons tous des gestes dont les motivations sont loin d'être pures et claires. Exemple: je donne 50$ à Médecins du Monde à l'occasion d'une catastrophe. Le geste manifeste une compassion pour les victimes, compassion éveillée par la médiatisation de l'événement, compassion peut-être attisée par le désir d'avoir bonne conscience. Ce qui ne mempêche pas le lendemain d'acheter mon café d'une grosse multinationale à 6$ le kilo plutôt qu'un café équitable à 6$ le 500g. Le don de 50$ est peut-être bien un réponse tout à fait émotive, instantanée, sans lendemain, mais ne représente pas nécessairement le fruit d'une réflexion sur les écarts énormes entre pauvres et riches sur cette planète et un désir de justice dans la répartition des biens matériels.
À qui revient-il de juger des motivations des personnes? Sûrement pas à moi. Dieu appelle chacun et chacune selon ses talents et il dépose dans le coeur une semence; le semeur espère que, avec des soins et si le climat est favorable, elle produira.
Voilà mon commentaire.
Q. 1.5 - Bonjour, j'aimerais savoir si le baptême peut influencer ma façon de vivre au quotidien (en tant que parent d'un enfant baptisé) ? A.L.
Le baptême d'un enfant peut devenir l'occasion pour les parents de retrouver une ferveur religieuse, souvent perdue.
Vous avez le choix de faire du baptême de votre enfant une expression de votre foi en Dieu et en Jésus-Christ. Autrement, ça peut être un geste simplement pour se conformer à une coutume, pour marquer l'entrée de votre enfant dans la famille par une fête. C'est bien, mais ce n'est pas le sens du baptême.
Le baptême est l'entrée de votre enfant dans la famille des fils et des filles de Dieu. Si vous avez foi en Jésus qui nous a révélé Dieu, par ses paroles et ses actes, tels que rapportés dans les évangiles, oui, cela peut influencer votre façon de vivre au quotidien. Voici quelques exemples:
1- vous désirerez rencontrer Dieu dans des temps de prière, pas nécessairement longs, mais réguliers et sincères.
2- vous chercherez à mieux connaître et approfondir le message le plus important de l'Évangile, à savoir que Jésus, crucifié, est ressuscité et que nous sommes promis à la même vie éternelle.
3- cette foi change les priorités de vie, parce que après avoir écouté les enseignements de Jésus, vous voudrez les mettre en pratique, par exemple faire passer la personne humaine avant les biens matériels et l'argent. Vous voudrez mettre en pratique le pardon, même quand cela est difficile. Vous voudrez regarder toute personne avec les yeux de Jésus. Vous voudrez être une personne qui pratique la justice et dénonce les injustices. Vous voudrez être une personne qui est vraie au lieu de chercher le bien paraître.
4- vous serez à l'écoute de l'Esprit du Père et de Jésus, en toute circonstance de la vie, qui vous aidera à pratiquer l'amour à la manière de Jésus.
5- enfin, mettre en pratique l'amour à la manière de Jésus vous montrera comment l'enseigner à votre tour à votre enfant. Car le baptême, c'est Dieu qui dit à votre enfant: Tu es mon fils ou ma fille et tu as toute ma faveur, tout mon amour. Grâce à votre exemple, votre enfant verra comme c'est bon de vivre en fille ou fils de Dieu. N'est-ce pas le plus bel héritage à donner à un enfant ?
Voilà un aperçu seulement de ce que ça peut changer de faire baptiser son enfant. Ce n'est pas magique; ça ne se fait pas tout seul. Mais Dieu vous aidera, si vous le cherchez sincèrement et consentez à y mettre le prix.
Et je puis vous dire que, personnellement, la foi en Dieu et en son fils Jésus ne m'a pas épargné les souffrances de la vie, mais m'ont aidé à les assumer, et à être en paix avec Dieu, avec mon entourage et avec moi-même.
Q. 2.1 - La préparation au baptême est-elle obligatoire pour les parents?
La rencontre de préparation fournit aux parents l'occasion de redécouvrir comment l'évangile et la vie chrétienne peuvent influencer leur vie et celle de leur enfant. Nous l'offrons pour que les parents prennent un court temps de réflexion sur le projet de vie de Dieu pour leur enfant. De même qu'on prend du temps pour penser à la décoration du coin de la chambre ou de la chambre de cet enfant, de même on s'arrête le temps d'une soirée pour regarder devant le Seigneur et avec d'autres parents quel pourra être l'avenir de cet enfant avec Jésus. Rares sont les pasteurs actuellement qui diront que cette rencontre est obligatoire. Ce serait aussi bizarre que de dire qu'un homme et une femme sont obligés de se dire «je t'aime» ou de se manifester de la tendresse.
Par exemple, dans le projet de vie du couple, quelle place occupe l'éducation chrétienne de leur enfant? Les parents ont-ils réellement l'intention que l'enfant soit catéchisé? Quel rôle les parrains et marraines veulent-ils jouer auprès de leur filleule ou filleul? Les parents comprennent-ils ce que l'évangile de Jésus Christ ressuscité a à voir avec la demande du baptême? Voilà les questions qu'on aborde dans une préparation au baptême, en plus de celles que les parents veulent bien discuter.
Q. 2.2 - Moi et mon conjoint désirons baptiser notre enfant. Ce qui nous inquiète est de savoir s'il est possible de baptiser notre bébé si mon conjoint n'est pas baptisé et moi, oui.
Vous pouvez demander et recevoir le baptême pour votre enfant même si votre conjoint n'est pas baptisé. Il suffit que le parent baptisé croie en Jésus Resuscité, car c'est en son nom que l'enfant sera baptisé, et qu'il ait l'intention d'initier cet enfant à la vie chrétienne.
Dans des circonstances exceptionnelles, l'Église reconnaît même un baptême effectué par un non-baptisé pourvu qu'il ait la même intention qu'elle d'introduire l'enfant dans la famille des enfants de Dieu. C'est Dieu qui agit dans un sacrement et donne la grâce du salut; nous sommes ses instruments ou ses ministres.
Mais, la vraie question qui se pose dans votre cas, c'est de savoir si votre conjoint vous appuyera dans l'engagement que vous prenez de faire grandir votre enfant dans la foi en Jésus Ressuscité. Vous soutiendra-t-il quand, au fil des événements de la vie, promenade dans la nature, décès d'un proche, reconnaissance pour un bienfait reçu, prière du soir, vous l'initierez aux enseignements de Jésus, vous lui parlerez de l'amour du Père et de l'Esprit Saint qui habite nos coeurs?
Manifestera-t-il son approbation devant l'enfant lorsque vous conduirez celui-ci au catéchisme, ou le conduira-t-il lui-même? Sera-t-il fier de ses progrès dans la prière, dans le service gratuit, dans sa disposition au pardon, dans la compassion pour les malades ou les plus faibles? C'est là, à mon avis, que votre conjoint sera pour vous un obstacle ou une aide dans votre propre cheminement de foi et celui de votre enfant.
J'espère que votre désir à tous deux se réalisera et que la grâce de Dieu touchera votre coeur et celui de votre enfant.
Q. 2.3 - Quelles sont les démarches pour recevoir le baptême lorsque l'on est majeur?
J'ai déjà assisté à un baptême d'adulte, mais ce n'est pas courant dans mon diocèse. Vu que les parents ne demandent plus systématiquement le baptême pour leur enfant, je prévois qu'on en verra plus souvent au Québec. Je crois qu'en France c'est plus courant. Aussi vous auriez l'heure juste pour votre région si vous vous adressiez à un presbytère d'une paroisse de votre région ou à un site Internet excellent comme Port St-Nicolas. L'adresse est: http://www.portstnicolas.net/
Ici, dans le diocèse de Joliette (au Québec), si un adulte demande le baptême, il s'adresse à celui ou celle qui a la charge pastorale de la paroisse. Ce dernier reçoit le demandeur et voit quelle initiation à la vie chrétienne il a déjà reçue. S'il n'en a reçu aucune, il entreprend avec une personne du service de catéchèse (paroissial ou diocésain) une démarche qui le prépare à recevoir le baptême.
Il s'agit en somme d'être initié à la foi et à la manière de vivre chrétiennes. La durée de cette initiation varie de 9 mois à un an. Il est aussi recommandé, si l'on connaît déjà des chrétiens, d'être accompagné d'un parrain ou une marraine qui participera à son initiation.
Section 3: un sacrement de la foi
Q. 3.1 - D'où vient le mot «baptême»?
En grec, le verbe baptizein signifie tremper, plonger dans... C'est un rite commun à plusieurs religions, pratiqué au temps de Jésus par les Esséniens sous forme d'un bain quotidien, par les Juifs pour l'admission de prosélytes dans le peuple d'Israël. Le baptême de Jean n'était pratiqué qu'une seule fois, était proposé à tous et appelait à la conversion.
Le rite retenu par l'Église signifie que le baptisé est appelé à vivre de la même vie que le Christ. Selon l'apôtre Paul, le baptême plonge le catéchumène dans la mort du Christ et il devient une exigence de vie nouvelle, à la manière de Jésus Ressuscité.
Q. 3.2 - Quelle est notre foi?
Je crois en Dieu, notre Père, promesse de bonheur!
Car Dieu est créateur. Dieu est Père.
D’âge en âge, il renouvelle son Alliance avec l’humanité.
À chacun, il adresse une parole unique:
parole de Vie, parole d’Amour.
Je crois en Jésus-Christ, source d’espérance!
Car Jésus-Christ est Seigneur, Parole de Dieu avant tous les siècles.
Dieu dans notre histoire, il a partagé notre condition humaine,
il nous a aimés jusqu’à en mourir.
Depuis sa résurrection, nous savons
que l’Amour aura toujours le dernier mot.
Je crois en l’Esprit, ferment du monde nouveau!
Car l’Esprit Saint nous donne son amour.
Sa lumière et sa force soutiennent notre espérance.
Il nous fera tenir debout jusqu’au jour où reviendra le Fils de l’Homme.
Il ouvre nos yeux aux signes de Dieu à l’oeuvre dans nos temps
et il nous donne accès à la vie Éternelle
dans le Christ Jésus
à la gloire de Dieu notre Père.
Je crois que l’Église est un peuple aux multiples couleurs,
aux multiples langues et cultures,
aux multiples chants de louange et d’adoration.
Je crois que tous ceux et celles
qui étaient enfouis dans le Coeur du Crucifié
forment l’Église catholique, universelle.
Je crois que tous ceux et celles
qui laissent couler en eux l’Amour sont l’Église,
même s’ils ne connaissent pas encore le Nom de Jésus
et la Bonne Nouvelle qu’il nous a annoncée.
Je crois que tous ceux et celles
qui pardonnent, qui s’entraident,
qui défendent la justice sont l’Église
parce qu’ils témoignent par toute leur vie
des valeurs du Royaume de Dieu,
parce que sans le dire, sans même le savoir,
ils communient au Christ, mort et ressuscité.
Q. 3.3 - Que fait l'eau dans le Baptême?
Le baptême, sacrement d'entrée dans l'Église, signifie et réalise en même temps la libération du péché et la renaissance comme fils et fille de Dieu. Il est accompli par une triple immersion dans l'eau. Dès l'Antiquité, selon l'Enseignement de Apôtres (Didachè 7,3), il peut aussi être conféré en versant par trois fois l'eau sur la tête du candidat. On désigne souvent le baptême comme un bain rituel, dans lequel le croyant communie à la mort et à la résurrection du Christ.
Pour mieux comprendre la richesse symbolique de l'eau dans la tradition judéo-chrétitenne, il faut se rappeler la liturgie de la Nuit pascale, où l'Église évoque les grands événements de l'histoire du salut.
D'abord dans le récit de la création, l'eau est comme «couvée» par l'Esprit de Dieu et est source de vie.
L'Arche de Noé préfigure aussi le salut par le Baptême, puisque par elle, un petit nombre furent sauvées du déluge. On perçoit dans ce récit la double symbolique de l'eau: l'eau de la mer, qui apporte la mort et la destruction, la pluie (suivie de l'arc-en-ciel) qui prélude à une nouvelle vie.
Vient ensuite la traversée de la mer Rouge, libération du peuple d'Israël de l'esclavage d'Égypte, sans oublier l'eau sortie du rocher de la montagne, signe de la présence de Yahvé pour son peuple souffrant de la soif.
Au baptême de Jésus dans le Jourdain, l'Esprit de Dieu se manifeste à nouveau pour désigner le Christ comme le Fils bien-aimé.
Enfin, c'est par sa passion que Jésus ouvre à tous les hommes les sources du baptême. Le sang et l'eau qui ont coulé de son côté transpercé sont les types des deux sacrements du baptême et de l'eucharistie, sacrements de la vie nouvelle.
Pour une étude biblique poussée du symbolisme de l'eau, allez sur le site d'Interbible.
Q. 3.4 - Qu'est-ce que « naître à Dieu » ?
Dans un entretien célèbre avec Nicodème, pharisien et membre du Sanhédrin, Jésus dit ceci: «À moins de renaître à nouveau, personne ne peut voir le Royaume de Dieu» (Jn 3,3) Et quelques lignes plus loin: «À moins de naître de l'eau et de l'Esprit, personne ne peut entrer dans le Royaume de Dieu.» (Jn 3,5)
Du bain baptismal, nous sommes sortis enfants de Dieu. Encore faut-il devenir les filles et fils du Père. Comment? En vivant de la même manière que le Fils, en adoptant sa mentalité qui est bien décrite dans les béatitudes. Heureux, vous qui êtes pauvres! (Mt 5,1ss)
En fait, ces béatitudes parlent du coeur du Père. C'est Dieu qui est pauvre, doux, compatissant. Quand j'ai un coeur de pauvre, de faiseur de paix, d'assoiffé de justice, Dieu est heureux. Par mon agir, jour après jour, c'est le Père que je révèle, c'est son projet d'amour pour les humains qui se déploie en nous.
Et l'Esprit nous est donné au baptême pour nous soutenir dans la conversion continuelle qu'il nous faut opérer. L'Esprit nous appelle à donner quand nous cherchons à prendre; il nous apprend à être juste quand nous voulons tout accaparer; il nous montre le chemin de la douceur quand nous pourrions écraser l'autre de notre autorité ou de notre science; il nous indique le chemin du pardon, quand nous sommes tentés de dire: «Non, je ne suis pas capable de lui pardonner ça!» L'Esprit habite dans notre coeur de baptisé; il nous suffit de l'écouter!
Q. 3.5 - J'ai assisté à certains baptêmes où on omettait la renonciation au mal et à Satan: manque-t-il un élément essentiel à la célébration?
Dans les cas où la renonciation au mal et à Satan ne se fait pas explicitement, on peut l'intégrer dans la profession de foi, qui est précédée d'une lecture de l'évangile et de l'homélie. En général, le ministre du sacrement explique aux parents l'engagement qu'ils prennent au nom de l'enfant baptisé.
Au cours de la profession de foi, les parents disent oui au Dieu de Jésus Christ au nom de leur enfant, ils choisissent de vivre comme Jésus l'a enseigné à ses apôtres, ils renoncent à certaines manières de vivre comme l'injustice, la rancune, la jouissance égoïste des biens matériels, la dureté du coeur, l'hypocrisie, la vantardise, la jalousie, à toute forme d'exploitation de l'autre, à toutes sortes de servitude de l'être humain.
On n'entend pas souvent les pasteurs expliquer qui est Satan. C'est un langage qui ne parle plus tellement aujourd'hui. Mais, pourquoi perdre un mot qui fait partie de la révélation biblique? «Satan» vient de l'hébreu et signifie «l'adversaire». C'est d'abord un nom commun. On l'a personnifié pour mettre en relief le combat dramatique entre le bien et le mal. On l'appelle aussi l'accusateur, le prince des démons, le prince de ce monde, le diable, l'ennemi, le menteur, le séducteur. Quelque soit son nom, on lui attribue tout ce qui contrecarre le plan de Dieu. Satan agit pour détourner les hommes de Dieu. Les tentations de suivre le chemin du mal nous viennent d'ailleurs des hommes.
La Bible enseigne que Jésus lui-même a été tenté par Satan; on y trouve les principales tentations qui ont été proposées à Jésus par les hommes. Elle enseigne que les hommes, dans l'exercice de leur liberté, sont engagés dans un combat au cours duquel ils ont à choisir entre les oeuvres du mal et le plan d'amour de Dieu le Père.
Pourquoi le ministre du baptême fait une onction avec le saint chrême sur le front du baptisé?
Le saint chrême est une huile consacrée durant la semaine sainte à la messe dite «chrismale». Il servira à Pâques et durant toute l’année à oindre ceux qui recevront le baptême, la confirmation et l’ordre.
Le symbolisme du saint chrême vient de l’Ancien Testament où le roi, puis le prêtre, reçoivent une consécration et participent de la puissance divine. Quand Jésus dévoile sa mission, il dit : « l’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction… cette parole de l’Écriture, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.» (Lc 4, 16-20. Le baptême de Jésus est une autre manière de révéler qu’il est l’Élu de Dieu : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir.» (Mt 3, 17)
De la même manière quand le baptisé reçoit l’onction, cela exprime qu’il est choisi par Dieu, devient membre du Corps du Christ, et appelé à vivre en fils et fille de Dieu.
Par l’onction avec le saint chrême, Dieu nous imprègne de son Esprit, nous choisis pour rendre visible son amour pour tous les hommes. Parce que cette huile est parfumée, on aime penser que le baptisé répandra autour de lui la bonne odeur du Christ. On dit aussi que le baptisé revêt la personnalité du Christ : prêtre, prophète et roi. Prêtre pour offrir ce monde à Dieu, prophète pour témoigner d’amour du Christ et roi pour servir les autres et contribuer à l’établissement de la justice de Dieu.
Mais pourquoi dit-on que le baptisé devient membre du Corps du Christ? C’est saint Paul (dans Rm 6, 3ss) qui, dès la première génération de chrétiens, nous donne la réponse. Écoutons-le : «Ignorez-vous que nous tous, baptisés en Jésus Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés? Par le baptême, en sa mort, nous avons donc été ensevelis avec lui, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions nous aussi une vie nouvelle. Car si nous avons été totalement unis, assimilés à sa mort, nous le serons aussi à sa résurrection.»
Le baptême ne finit pas donc pas là. Si le baptisé est assimilé au Christ, dans son coeur il est habité par l’Esprit saint et sa vie va en être changée. Il va se conduire comme le Christ l’a enseigné, il va parler, penser, sentir, juger et agir, non plus comme le monde qui vit sans Dieu, mais comme celui et celle qui est habité par le Christ et son Esprit. On peut reconnaître ceux qui vivent selon l’esprit du monde ou de la chair (Ga 5,19ss) : libertinage, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haine, discorde, jalousie, emportements, rivalités… On peut reconnaître aussi ce qu’est une vie habitée par l’Esprit du Christ : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi.
Puisque le baptême fait de nous des personnes nouvelles, agissons donc en conséquence. Chacun et chacune de nous est responsable de faire grandir le Corps du Christ. D’abord en proclamant notre foi en Jésus mort et ressuscité, puis en vivant comme il nous l’a enseigné. Ainsi, il y a une seule Église : c’est le rassemblement de tous les baptisés qui sont le Corps du Christ, c’est la famille où j’apprends à aimer et à servir, c’est le cercle des voisins et des amis, où je manifeste par ma manière de vivre l’Esprit de Jésus mort et ressuscité, parce que je suis mort à l’ancienne vie sans Dieu, et vivant à la nouvelle vie commencée au baptême. Que l’Esprit de Jésus Christ nous aide et nous montre le bon chemin!
Section 4: la célébration
Q. 4.1 - Le baptême peut-il être célébré dans une autre paroisse?
Pour signifier que l'enfant baptisé devient membre de l'Église, Corps du Christ, le baptême est célébré dans la communauté paroissiale de ses parents.
Mais, dans notre société caractérisée par la mobilité, il arrive que les parents désirent présenter l'enfant au baptême dans une paroisse où se trouvent leurs propres racines, celle des grands-parents par exemple, ou dans une paroisse où ils vivent réellement leur appartenance à la communauté chrétienne. Habituellement, les pasteurs écouteront avec bienveillance votre demande et vos raisons.
On devrait alors se présenter aux responsables de sa propre paroisse, leur expliquer la situation ou, à tout le moins, les mettre au courant, puisqu'il se peut bien que les autres sacrements de l'initiation chrétienne, Confirmation et Eucharistie, y soient célébrés. C'est une marque de considération et de solidarité qui sera appréciée.
Q. 4.2 - Est-il obligatoire de faire baptiser un enfant dans une église? Est-ce exact qu'il est impossible de le faire baptiser ailleurs, soi disant qu'il faut être dans la maison de Dieu, alors qu'on sait très bien que Dieu est partout sur la planète et même si nous avons un prêtre qui est prêt à venir célébrer. Quand je dis ailleurs, c est dans une église catholique qui appartient maintenant à un parc fédéral. (Guillaume)
Réponse: La loi canonique (cf. Can. 857-§1.) stipule qu’un baptême doit être célébré, en dehors du cas de nécessité, dans l’enceinte d’une église ou d’un oratoire. J'ai vu des baptêmes célébrés dans le lieu ordinaire de rassemblement des catholiques, par exemple, dans une paroisse la messe a été célébrée longtemps dans le gymnase de l'école. Les baptêmes y étaient célébrés aussi.
Ce qui est important dans cette célébration, et c'est ce que signifie la loi canonique, c'est que le lieu reflète le fait que l'enfant devient membre de l'Église, le Corps du Christ, car l'église construite de pierres est une représentation de la vraie Église, l'assemblée des baptisés. En baptisant un enfant, il devient membre d'une communauté de personnes sauvées par Dieu dans la mort et la résurrection du Christ. Le lieu ordinaire du baptême devrait être l'endroit où est célébrée, par les catholiques rassemblés, la messe ou l'eucharistie, le mystère de la mort et résurrection de Jésus Christ.
Il faut donc que vous considériez si cette église (comprenez qu'elle a déjà servie de lieu de culte ou l'est encore par les catholiques) est la mieux désignée pour représenter ce mystère de votre foi. Qu'elle soit située dans un parc fédéral a peu d'importance. Est-elle fréquentée par une communauté catholique? La messe y est-elle célébrée au moins aux grands moments liturgiques de l'année, comme Pâques? Y participez-vous ne serait-ce qu'occasionnellement à la messe? La paroisse dont vous faites partie (ou le diocèse) reconnaît-elle cette église comme un digne lieu de culte?
Maintenant, si le pasteur de votre paroisse s'objecte ou vous déconseille l'église que vous avez choisie, vous devez lui faire part des raisons de votre choix, lui montrer qu'il ne s'agit pas d'un simple caprice, que vous avez de bonnes raisons. Expliquez-les. C'est également important de célébrer un baptême en union avec votre communauté paroissiale et son pasteur. Réfléchissez: comment demander le baptême et oublier la parole de Jésus: «Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un: moi en eux et toi en moi, afin qu'ils soient parfaits dans l'unité...» (Jean 17, 22-23)?
Ce sont tous des éléments qui doivent être pris en considération.
Q. 4.3 - Pourquoi un vêtement blanc?
Certains ministres prescrivent le vêtement blanc, d'autres n'en parlent pas, certains en parlent mais ne l'obligent pas. À mon sens, il convient d'en parler à la préparation en expliquant le beau symbolisme du vêtement blanc et en invitant les parents à vêtir leur enfant de blanc, si ça ne cause pas une dépense trop onéreuse, à cause de la riche signification de la couleur blanche utilisée dans les rites de l'Église.
Le vêtement blanc symbolise que le baptisé a «revêtu le Christ», est ressuscité avec Lui. La robe de couleur blanche revêt traditionnellement les saints qui seront rassemblés dans le Royaume des cieux. Elle est en lien avec le cierge, allumé au cierge pascal, qui rappelle que l'enfant est baptisé dans la mort et la résurrection du Christ, et illumine ce nouvel enfant de Dieu, appelé à devenir «lumière du monde».
On peut rappeler aux jeunes parents qu'elle est merveilleuse et pleine de sens la tradition de faire porter la robe de baptisé aux enfants d'une famille et même de la transmettre à la génération suivante. Le sens de cette tradition est que, en tant que parents, baptiser un enfant ne se résume pas à une belle fête de famille qui fait plaisir aux parents et grands-parents, mais engage réellement à faire son possible pour transmettre la foi à nos enfants, surtout par l'exemple d'une vie illuminée et transformée par l'amour de Dieu.
Q. 4.4 - Puis-je faire baptiser mon enfant seul?
Je me rappelle un temps où l'on faisait baptiser son enfant tout seul, c'est-à-dire que seulement la famille de l'enfant à baptiser était présente avec le célébrant.
Depuis de nombreuses années, dans la mesure du possible on baptise plusieurs enfants en même temps. Et je n'ai jamais pensé que la diminution du nombre de prêtres chez nous y était pour quelque chose. Au contraire, la réunion de 3, 4 ou même 5 familles crée presque toujours un heureux rassemblement qui rend visible, signifiante, notre appartenance au Corps du Christ qu'est l'Église.
D'abord, comment ça se passe? On accomplit individuellement pour chaque enfant les gestes du sacrement: signe de croix, aspersion d'eau, onction du saint chrème, présentation à l'assemblée, souhait de bonheur au rite de la lumière.
Ensuite, j'éprouve toujours une grande joie de voir toutes les familles accueillir, comme si c'était le sien, l'enfant que le prêtre vient d'asperger de l'eau baptismale et qu'il présente à l'assemblée. Cet accueil rend vraiment visible l'appartenance nouvelle de l'enfant à la famille des enfants de Dieu. Ce n'est pas seulement mon enfant qui est sauvé, d'après le geste sacramentel du prêtre, c'est toute la communauté des croyants qui dit sa foi et sa joie d'être sauvée et de voir sans cesse se renouveler ce mystère.
Plusieurs raisons peuvent pousser à demander un baptême individuel: on ne connaît pas les autres familles, on ne pratique pas et on se sent gêné, on est une famille monoparentale, on est une petite famille, on n'est pas habillé chic ou à la dernière mode, on a peur d'être regardé de travers. Mais, aucune d'elles ne justifie la demande d'un baptême individuel au regard de la foi chrétienne.
C'est pourquoi, je répondrais à la demande en disant ceci. La grâce du baptême introduit justement dans une famille plus grande, celle des filles et des fils de Dieu. Le baptême, on le sait bien ou on l'espère, peut signifier pour les parents un nouveau départ dans leur vie chrétienne, en particulier la fréquentation des sacrements du pardon et de l'eucharistie. Quant au statut social ou économique, on se tromperait grandement si l'on croyait que le Christ ou ses successeurs actuels s'arrêtent à des considérations telles que l'habillement, la richesse ou les dimensions de la parenté.
En résumé, ce qui importe avant tout, c'est que les parents croient en l'amour infini du Père pour tous ses enfants. Pour le reste, faisons donc confiance à la communauté et à ses responsables, prêtre, diacre ou autre personne mandatée.
Q. 4.5 - Est-ce qu'on peut-on avoir un baptême par immersion ?
Dans les paroisses où j'anime les rencontres de préparation au baptême, on a coutume de donner le baptême par aspersion. C'est la pratique commune des paroisses catholiques au Québec. Mais, il arrive qu'on pratique le baptême par immersion, surtout durant la vigile pascale, souvenir ou héritage d'une époque où l'on regroupait les baptêmes durant cette veillée après une intense préparation qui culminait à Pâques.
Le célébrant qui reçoit cette demande questionnera les parents sur leurs motivations. S'agit-il d'un désir de faire comme aux origines de l'Église, époque où les deux formes de baptême ont existé? Recherche-t-on une célébration plus signifiante par le geste de plongée dans l'eau, ce que signifie le verbe «baptizein» en grec? Veut-on un baptême «pas comme les autres», comme certains couples se marient à la médiévale? Quel que soit le motif de la demande, il faudra rencontrer le célébrant, la plupart du temps le curé de votre paroisse, et le convaincre que le geste de l'immersion est important dans la démarche chrétienne que l'on fait pour son enfant.
Personnellement, je suggèrerais aux parents, et aux catéchètes, d'approfondir le sens du geste de l'aspersion de l'eau, tout aussi signifiante. Que Jésus a demandé à une Samaritaine de puiser de l'eau pour lui, pour ensuite lui offrir une eau invisible qui deviendrait en elle source jaillissante en vie éternelle. Que Jésus nous invite à boire ses paroles et sa sagesse, comme des eaux qui étanchent la soif de Dieu en nous.
Car, voici ce qui inquiète un pasteur aujourd'hui. Tous ceux qui qui demandent le baptême pour leur enfant, et en particulier un baptême par immersion, s'occuperont-ils davantage d'offrir à leur enfant qui grandit une éducation de la foi qui représente une plongée dans la mort du Christ pour vivre de sa vie de Ressuscité? Et pour eux-mêmes, quels moyens se donnent-t-ils pour marcher toujours plus dans les pas de Jésus qui implique nécessairement de porter sa croix? Écoutent-ils l'Esprit Saint pour vivre au quotidien l'amour à la manière de Jésus? Prient-ils le Père pour connaître sa volonté et surtout son rêve que règne une société juste? Partagent-ils fréquemment le Pain de vie avec leurs soeurs et leurs frères pour ensuite s'engager dans des projets communautaires de justice? Comment annonceront-ils la bonne nouvelle du salut à leur enfant et à toute personne qu'ils rencontrent?
Voilà à quoi un pasteur invitera les parents qui se soucient de faire une sérieuse démarche de préparation au sacrement du baptême. À eux maintenant de soupeser l'importance du baptême par immersion.
Section 5: histoire du baptême
Q. 5.1 - Quel témoignage ancien avons-nous sur le baptême?
Un document ancien, probablement écrit vers 95 à Antioche, la Didachè, parle du baptême:
«Pour le baptême, baptisez de cette manière: après avoir dit auparavant tout ce qui précède, baptisez au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit dans de l'eau courante. Si tu n'as pas d'eau courante, baptise dans une autre eau, et si tu ne peux pas dans de l'eau froide, dans de l'eau chaude. Si tu manques de l'une et de l'autre, verse trois fois de l'eau sur la tête au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Que le baptisant, le baptisé et d'autres personnes qui le peuvent jeûnent avant le baptême; mais ordonne au baptisé de jeûner un jour ou deux auparavant.» La Didachè ou Doctrine des douze apôtres, no 7, 1-4.
Q. 5.2 - Depuis quand baptise-t-on les enfants?
Le baptême des enfants est attesté relativement tôt dans l'Église par le théologien apologète Tertullien, (155-220), auteur d'un traité sur le baptême.
Voici le résultat d'une recherche que l'on peut trouver dans Le Baptême de notre enfant, brochure publiée par Novalis, en 1994:
«Dès les premiers temps, l'Église accepte au baptême les bébés aussi bien que les adultes. Au début des familles entières recevaient le baptême (par exemple, la famille de Stéphanas fut baptisée par saint Paul; voir I Cor 1, 16). Avant l'époque de saint Augustin, dans les premières année du Vè siècle, les enfants de parents chrétiens étaient admis au catéchuménat (préparation à l'initiation des adultes). Ces enfants pouvaient être baptisés, confirmés et recevoir l'eucharistie alors qu'ils étaient en bas âge. Les rites orientaux de l'Église catholique continuent cette pratique aujourd'hui.
Ce n'est que suite aux enseignements de saint Augustin concernant le péché originel que les gens devinrent inquiets du sort des enfants morts sans baptême, dans une société où le taux de mortalité infantile était élevé. Les enseignements de saint Augustin, largement acceptés, ont amené la baptême des enfants à prendre de plus en plus d'importance.
Dès le VIè siècle, la grande majorité des candidats au baptême étaient des enfants. C'est alors que l'insistance passe de la formation en vue du baptême au salut des enfants qui risquaient d'être exclus du Royaume. Cette importance grandissante a fait oublier que Pâques est le moment privilégié de l'initiation chrétienne. Il n'y avait plus de raison d'attendre au temps pascal pour baptiser. Le taux élevé de mortalité infantile, ainsi que la crainte de laisser un enfant mourir sans baptême, ont contribué à la diffusion de la pratique de baptiser les enfants aussi tôt que possible après leur naissance.» Op. cit. p. 7
Q. 6.1 - Quel prénom choisir?
Il existe sur le marché de nombreux livres et, sur l'Internet maintenant, des ressources qui donnent la signification des prénoms. Le choix d'un prénom a une signification plus ou moins profonde, celle qu'on veut bien lui donner. Une chose à retenir, c'est que l'enfant un jour au l'autre demandera «pourquoi m'avez-vous donné ce nom?». Penser dès maintenant à la réponse vous guidera dans votre choix.
Certains parents chercheront un nom tout à fait original pour signifier le caractère unique de l'enfant, peut-être en réaction à l'anonymat. D'autres iront à l'oreille: ça sonne bien! D'autres encore trouveront un prénom dans une télésérie de l'heure: les medias exercent une grande attraction sur notre imaginaire. À une autre époque, c'est une héroïne de roman qui laissait son empreinte. Un personnage de télésérie ou de roman peut nous impressionner par sa manière de vivre et de penser. En cela, il reflète certaines valeurs.
Dans la tradition québécoise, le prénom donné à un enfant le rattachait souvent à son parrain ou sa marraine, qui était un oncle ou une tante, une grand-mère ou un grand-père, ou encore affirmait clairement la continuation de la lignée par le nom du père avec ou sans l'addition de Jr ou par le nom d'une tante, d'un oncle. La préoccupation ici peut être de continuer la lignée familiale par le prénom.
Il peut être intéressant de savoir aussi que dans la tradition biblique le nom signifie un appel, une vocation à réaliser une mission. Par exemple, Lévi deviendra «Matthieu». Dans la Bible, on donne très souvent le sens du nom donné à tel ou tel personnage. Jésus veut dire «Dieu sauve», Jean «Dieu fait grâce», Élisabeth «Mon Dieu est plénitude». Certains noms qui se terminent par -el, -elle, ou contiennent EL, incluent le nom de Dieu. Ainsi: Michel ou Michaël «Qui est comme Dieu», Éliane, «Dieu m'a répondu», Daniel «Dieu fait justice», Gabrielle «Force de Dieu».
Ceux qui ont une certaine culture religieuse ou une connaissance de l'histoire de l'Église aimeraient transmettre à leur enfant une valeur comme la générosité: ils appelleront leur enfant Martin, parce que la tradition se souvient du geste de saint Martin donnant la moitié de son manteau à un pauvre.
Ou encore le courage de se tenir debout et de témoigner de sa foi: ils l'appelleront Sébastien, officier de la garde de l'empereur Dioclétien, qui aimait secourir les prisonniers et fut condamné à mourir le jour où il proclama sa foi.
Pour vous documenter sur le sens des noms, consultez le dictionnaire des noms.
Q. 6.2 - Quel cadeau offrir à notre filleule ou filleul?
L'âge de l'enfant est un facteur à considérer dans notre choix; il est utile de consulter les parents.
Puisqu'un bébé ne prendra vraiment conscience du cadeau que plus tard, pourquoi ne pas considérer une image de Jésus qui ornera un mur de sa chambre. L'enfant s'habituera à sa présence, ses parents pourront graduellement lui parler de celui qui fait l'objet de sa foi. Les icônes sont de plus en faveur dans l'Église catholique. Une librairie comme celle Des Éditions Paulines, rue Saint-Denis à Montréal, en offre un belle variété. On en trouve aussi au Centre d'Apostolat liturgique, rue Sherbrooke est, Montréal.
Un enfant d'âge scolaire appréciera un Nouveau Testament, en édition pour jeunes, surtout si un adulte s'arrête pour lui en lire des passages et ou lui raconter des événements de la vie de Jésus en version «maison».
Une croix à porter au cou ou un autre symbole chrétien (ancre, poisson, colombe) comme il s'en vend dans les lieux de pèlerinage pourra aussi symboliser l'appartenance nouvelle de fils ou fille de Dieu que le baptême inaugure.
Q. 6.3 - Qui peut baptiser?
La personne qui donne un sacrement au nom de l'Église s'appelle le ministre. Le ministre du baptême est ordinairement l'évêque et le prêtre, et aussi, dans l'Église latine, c'est-à-dire celle qui est rattachée à Rome, le diacre.
En cas de nécessité, toute personne, même non baptisée, peut baptiser, à condition de le faire avec la même intention que l'Église, c'est-à-dire d'accueillir un croyant dans la communauté de ceux qui sont sauvés par la grâce de Dieu.
En baptisant, l'Église accomplit sa mission reçue du Seigneur qui est d'annoncer l'Évangile et d'accueillir celui ou celle qui croit en Jésus en le baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Q. 6.4 - Puis-je baptiser mon petit-fils à l'insu de ses parents?
Un grand-père écrit:
Je suis très affecté parce que mon fils et sa compagne n'entendent pas baptiser mon petit-fils de 4 mois. J'en ai la garde un jour par semaine et je suis très tenté de le baptiser moi-même à l'insu de ses parents. Je sais que je commettrais une faute morale mais l'enjeu m'apparaît plus important que cette faute, je voudrais néanmoins savoir si ce baptême illicite moralement est valide sacramentallement. Et si oui, que se passerait-il si, ignorant ce baptême, il décidait, plus grand de devenir chrétien et d'être baptisé?
Réponse.
Votre question m'a donné à réfléchir. Quand on est parent, il est pénible de voir nos enfants prendre un autre chemin que nous. Mes propres parents s'étaient éloignés de l'Église et des sacrements, bien qu'ils nous aient fait baptiser mes soeurs et moi. Quand, à seize ans, j'ai choisi de suivre le chemin de Jésus et, à vingt ans, de joindre les rangs d' une communauté religieuse, ils n'ont pas beaucoup apprécié parce qu'ils avaient imaginé un autre chemin pour moi. Mes propres enfants ont choisi des chemins différents: ma foi au dieu de Jésus-Christ me suffit et je vis en paix avec leurs choix. À chacun de découvrir et de suivre son chemin de bonheur et, parfois, de malheur.
Il est certain que ce baptême administré par vous, à l'insu des parents, n'est pas valide du point de vue de l'Église, parce que c'est elle qui détient le pouvoir de l'administrer et de déterminer les conditions de sa validité. Sauf circonstances urgentes, par exemple un danger de mort, le ministre doit avoir reçu un mandat de l'évêque ou de son représentant pour que le sacrement soit valide. Pour l'instant, soyez assuré que Dieu aime déjà cet enfant, bien avant qu'il en ait conscience et que, par votre désir, il fait déjà partie de la famille de ses enfants. Il fut une époque où l'on croyait qu'un bébé mort sans le baptême allait dans les limbes. Il est vrai que les sacrements sont les moyens ordinaires d'exprimer notre foi en l'amour de Dieu sauveur. Dans ce contexte, les limbes étaient une invention bien réconfortante pour combler notre manque de foi en l'amour infini de Dieu, qui n'a pas absolument besoin d'un sacrement pour nous sauver. Selon la foi de l'Église, beaucoup d'humains, bien avant l'institution des sacrements ou n'ayant pas entendu le message chrétien, vivent dans le cœur de Dieu sans avoir été baptisés.
Mais je vous invite à réfléchir au delà de votre désir d'agir comme si c'était votre enfant et pour son bien. D'abord, vous convenez qu'il y aurait faute de votre part si vous alliez à l'encontre de la volonté de votre fils qui pense bien faire. Vous voulez faire la volonté de Dieu, n'est-ce pas? Demandez-vous quelle est la volonté de Dieu? Croyez-vous que Dieu, qui est Amour, peut vouloir une atteinte grave au respect et à l'affection filiale entre vous et votre fils? Croyez-vous que Dieu, qui a laissé à l'être humain le choix entre les chemins de bonheur et les chemins de malheur, veut qu'on administre un sacrement contre la volonté de ses parents?
À mon humble avis, voici ce que Dieu veut de notre part, grands-parents. Que nous témoignions d'abord de notre liberté d'enfant de Dieu: c'est-à-dire que l'on choisit librement d'adhérer à la foi catholique et non qu'elle nous soit imposée, même pas en catimini. Qui dit que ce n'est pas votre fils qui a raison d'attendre que son enfant ait l'âge de choisir, puisque le sacrement n'aura aucune suite dans sa famille? Deuxièmement, Dieu veut que nous témoignions de notre foi en paroles et en actes: paroles de pardon, de justice, de tendresse, suivies d'exemples vécus au jour le jour. Votre conduite et votre exemple seront les meilleurs enseignements pour votre petit-fils. Quand il sera en âge de comprendre, racontez-lui l'histoire de Jésus et de ses disciples. S'il entend peu à peu l'appel de Dieu à devenir lui aussi disciple de Jésus, il exprimera à ses parents son désir d'être baptisé ou, à l'âge de faire ses propres choix, il fera les démarches nécessaires.
J'espère que ma réponse vous aidera à retrouver la paix.
Section 7: Être marraine et parrain
Q. 7.1 - À quel âge peut-on être marraine ou parrain?
La question a été posée par une ocrrespondante: «J'ai un enfant de 11 ans et j'aimerais qu'il soit le parrain de mon bébé qui s'en vient à grand pas, mais on me dit qu'il ne peut pas, car il n'a pas 16 ans. Cela me fait bien de la peine, car je tiens à ce que ce soit mon fils le parrain et je n'ai pas personne d'autre qui pourrait l'être. Je connais quelqu'un qui a réussi à être marraine et elle n'avait que 10 ans.»
Réponse.
Dans l'intention de l'Église, on donne un parrain ou une marraine au futur baptisé pour l'aider à grandir dans la foi en Jésus Christ et l'accompagner de façon qu'il apprenne à vivre en accord avec sa foi.
Pour être admise à cette fonction, oui, il faut qu'une personne ait 16 ans, à moins que l'Évêque ou le curé pense qu'il peut faire une exception pour une juste raison. Il faut aussi que le parrain ou la marraine soit confirmé, qu'il ait reçu le sacrement de l'Eucharistie et mène une vie en accord avec la foi chrétienne.
L'âge normal établi par l'Eglise sert de guide pour s'assurer qu'on ne regrettera pas le choix du parrain et de la marraine et pour se donner toutes les chances pour qu'il remplisse bien son rôle.
L'important dans ce choix, ce n'est pas de réussir à obtenir l'accord du curé; avec les bons mots, on finit souvent par obtenir ce qu'on veut. Il convient surtout de vous assurer que votre fils manifeste un réel intérêt pour le bien-être physique, moral et spirituel de son filleul, qu'il soit intéressé quand on lui parle de Dieu et qu'il réponde positivement aux invitations à se comporter lui-même en fils de Dieu. Personne n'est parfait, mais nous sommes tous appelés à devenir meilleur.
Votre fils de 11 ans peut devenir un excellent parrain, si vous-mêmes vous comprenez bien le rôle du parrain et si vous le soutenez dans cette démarche. Comment pouvez-vous faire ça? Commencez par lui demander comment il entend jouer son rôle de parrain. Demandez-lui de vous accompagner à la rencontre de préparation qui précède le baptême ou à l'entrevue avec votre curé. Le curé devrait alors être en mesure d'acquiescer à votre demande.
Q. 7.2 - «Voilà, je vais faire baptiser mon enfant au mois de septembre. Je veux mettre mon frère comme parrain, alors qu'il n'est pas baptisé lui-même. Est-ce que c'est possible?»
Tous les ministres du sacrement de baptême vous répondront que pour être parrain il faut non seulement être baptisé soi-même, mais avoir reçu le sacrement de confirmation. Cela dit, être baptisé n'est pas une garantie que la personne sera le meilleur parrain. Une personne peut ne pas être baptisée, mais vivre des valeurs de l'Évangile. Si c'est le cas de votre frère et s'il veut assumer le rôle d'aide dans l'éducation de la foi de votre enfant, pourquoi ne commencerait-il pas une démarche pour recevoir le baptême lui-même? Une fois baptisé et confirmé, il sera pleinement habilité pour être le parrain de votre enfant.
Si vous voulez que votre enfant reçoive le baptême dans le même esprit que l'Église a reçu mission de le donner, il est préférable de choisir un parrain ou une marraine qui adhère au Credo de l'Église. Je vous réfère au site «Spiritualité 2000» pour savoir ce qu'est le Credo catholique.
http://www.spiritualite2000.com/emmaus.htm
Je souhaite à toute votre famille bonheur et paix dans votre recherche de Dieu!
Q. 7.3 - Bonjour,
Suite à lecture sur votre site, j'aimerais avoir confirmation de votre côté... N'ayant que des frères, j'aimerais faire baptiser mon fils avec deux parrains. Mon Église semble me refuser ce droit. Je voudrais donc savoir si la possibilité existe.
Vous savez, l'Église catholique, comme toute organisation, a des règles. Le baptême demande, dans la mesure du possible, UN parrain, de sexe masculin ou féminin, qui accompagnera l'enfant dans son éducation religieuse. Il devra avoir 16 ans, être confirmé dans la foi catholique et mener une vie qui peut servir d'exemple à son filleul ou sa filleule. La règle stipule qu'il peut y avoir un parrain et une marraine, mais pas deux parrains ni deux marraines. On se demande pourquoi cette règle.
La coutume au Québec était, jusqu'à récemment, de nommer un couple - homme et femme. C'est encore la règle dans toute l'Église du Québec. Cependant, certains prêtres, ont jugé que la règle pouvait subir des exceptions et ont accepté qu'on nomme deux parrains ou deux marraines. Même si cette conduite est officiellement désapprouvée par les évêques, j'en connais qui ferment les yeux. Je suis d'accord avec eux car, les règles sont importantes et utiles, mais peuvent changer. Malheureusement, les autorités de l'Église prennent beaucoup de temps à évoluer. J'estime que les coutumes et les règles doivent être redéfinies selon les époques et surtout être subordonnées aux exigences de l'amour et de la foi. C'est pourquoi, selon mon jugement, deux personnes, quel que soit leur sexe, qui mènent une vie digne de Jésus Christ, peuvent être admises en même temps au rôle de parrains ou marraines.
Dans votre paroisse, il faut voir quel arrangement vous pouvez conclure avec votre pasteur ou curé. Si vous désirez choisir vos 2 frères, je crois que le pasteur ou curé pourrait donner son accord. Par contre, si c'était deux hommes ou 2 femmes vivant en couple, là vous risqueez de vous heurter à un gros obstacle. Que voulez-vous les mentalités prennent du temps à évoluer. Comme il y a 4 siècles on croyait que le soleil tournait autour de la terre, de même aujourd'hui certaines personnes croient que l'homosexualité est une maladie ou une perversité (Imaginez: c'est seulement en 1993 que les psychiâtres l'ont enlevé de la liste des maladies!) et selon elles les homosexuels mènent une vie indigne.
Mais pour terminer, le plus important n'est pas d'avoir un ou deux parrains, ni que ce soit un homme ou une femme, ni qu'ils soient en couple ou non, mais c'est qu'ils puissent guider l'enfant vers l'amour à la manière de Jésus Christ et vers la foi en Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, qui nous donne d'avoir part au Royaume de Dieu. Si votre curé ou pasteur exige l'observance stricte des règles, il ne faut pas en faire une montagne et être simplement heureux que l'enfant fasse ses premiers pas dans la famille des enfants de Dieu.
Une dernière recommandation: priez le Seigneur, afin que son Esprit vous éclaire et vous aide à parler au curé et qu'il aide le curé à vous comprendre.
Q. 7.4 - Nous avions choisi un parrain pour notre fils et aujourd'hui à moins d'un mois de son baptême, celui-ci nous annonce qu'il ne veut plus être parrain.
Sommes nous obligés d'avoir un parrain et une marraine pour le baptême de notre fils, car nous n'avons personne autour de nous qui accepterait cette proposition après le désistement ? Pouvons nous avoir seulement une marraine ou deux à la place ? N.A.
On demande dans les règles de l'Église qu'il y ait dans la mesure du possible un parrain ou une marraine. L'usage a fait qu'en pratique on a nommé des couples mariés (ou maintenant conjoints). Donc, vous pouvez certainement avoir une seule personne comme marraine, s'il n'y a personne d'autre en vue.
Quant à nommer deux marraines, on a encore des réticences du côté de certains prêtres et pasteurs à accepter deux parrains ou deux marraines. On y voit là, peut-être, le danger de cautionner le choix que font certaines et certains de vivre en couple du même sexe, ce qui va à l'encontre des derniers enseignements moraux de l'Église. Par contre, avec l'évolution des mentalités, de plus en plus de prêtres ou pasteurs ne font pas de difficulté au choix des parents de choisir deux parrains ou marraines.
Il existe une petite difficulté au niveau de la rédaction de l'acte de baptême où l'on fait signer les parents et les parrains et marraines. En effet, dans les livres où ces actes sont déjà imprimés, on a prévu des lignes pour les signatures; en-dessous de ces lignes, on trouve les mentions parrain et marraine pour indiquer où chacun doit signer. On peut bien laisser une ligne en blanc quand on a un seul parrain ou marraine, mais dans le cas où on a deux parrains ou deux marraines, il faut biffer le mot parrain ou marraine qui est de trop et le remplacer par le mot approprié. Pour rester dans la stricte légalité de l'Église, certains officiants préfèreront le mention «témoin» en dessous du 2è parrain ou de la 2è marraine.
Pour clarifier la situation, je vous conseille de rencontrer le prêtre qui célèbrera le sacrement et de connaître sa position à ce sujet. S'il est important pour vous qu'il y ait deux personnes, et que les deux seules personnes disponibles sont des femmes, exprimez votre souhait au prêtre. Surtout, montrez-lui que ces personnes par la qualité de leur vie chrétienne assureront à votre enfant une bonne éducation à la foi et à la vie chrétienne. Au besoin, pour la rencontre pré-baptismale, demandez à ce que les marraines soient présentes. Enfin, c'est à vous de voir le degré d'ouverture du prêtre. S'il manifeste de la fermeture vis-à-vis de votre choix, c'est ennuyeux d'être obligé de baptiser un enfant sous le signe de la controverse. Dites-vous que même s'il n'y a qu'un seul nom comme marraine, rien n'empêche la deuxième marraine d'exercer son rôle. (À l'inverse, il y a tellement de parrains et marraines qui, après avoir assisté au baptême, ont délaissé leur rôle auprès de l'enfant.) Dites-vous qu'une signature au bas d'un acte ne vaut que la sincérité de l'adhésion intérieure et de l'engagement effectif de la personne, et que vous êtes bien chanceux si votre marraine ou vos deux marraines jouent leur rôle correctement.
J'espère que ma réponse vous aidera à envisager cette difficulté avec foi, courage et sérénité. Que le Seigneur vous accompagne!
Q. 7.5 - Bonjour, j'ai trois enfants que j'ai fait baptiser. Nous avons pris beaucoup de temps pour choisir les parrains et marraines. Nous avons posé des questions sur leur foi, leur vision de leur rôle, nous voulions être certains qu'ils seraient présents pour les enfants tout au long de leur vie. Malheureusement pour nos deux garçons, les parrains et marraines les ont abandonnés. ... Mes garçons ne les ont pas revus depuis leur première année à cause de conflits familiaux. ... Nous sommes peinés et pour nous ce serait important qu'ils aient leurs parrain et marraine. Nous voulons savoir si c'est possible de changer les parrains et marraines. S'il le faut nous rebaptiserons nos deux garçons. Pouvez-vous nous aider?
Le jour du baptême, en présence du ministre qui a baptisé vos enfants, vous, les parents, et les parrain et marraine avez signé un acte qui authentifie aux yeux de l'Église que vos enfants ont bien été baptisés. Puisqu'il est conforme à ce qui s'est passé ce jour-là, l'acte ne peut pas être modifié; en conséquence, on ne peut pas enlever un nom qui y figure.
Il faut dire aussi que l'on ne peut être baptisé qu'une seule fois, sauf si l'on a des doutes sur la validité du sacrement, par exemple si le ministre n'était pas mandaté par l'évêque ou encore ne savait pas ce qu'il faisait étant sous influence de substances psychotropes.
Même si l'on choisit de son mieux un parrain et une marraine, certaines circonstances de la vie font qu'ils ne peuvent pas exercer leur rôle: décès, éloignement géographique, changement de vie et de valeurs, conflits graves. Alors, les parents peuvent désigner un parrain et une marraine substituts. Par souci de justice et de transparence, les parents devraient aviser le parrain et la marraine qui avaient été désignés en premier, qu'après avoir constaté qu'ils ne ne jouent pas leur rôle , ils ont désignés des substituts.
Si c'est possible, au cours d'une réunion ou d'un repas de famille, je recommanderais que les parents, manifestent clairement au parrain et à la marraine, et avec une certaine cérémonie, qu'ils leur confient la responsabilité d'aider dans l'initiation à la foi chrétienne - ex. par la remise d'un joli parchemin au parrain et à la marraine et un petit cadeau de ceux-ci à l'enfant pour signifier leur acceptation. Le choix des parents sera confirmé et effectif quand les nouveaux parrain et marraine accompagneront leur filleul au moment de recevoir les sacrements de pardon et d'eucharistie et, surtout, de confirmation, et durant les étapes importantes de la vie des enfants.
Quant aux certificats écrits de baptême, ils ne portent pas les noms des parrain et marraine. On peut le demander, mais en général les formulaires des paroisses ne le prévoient pas.
J'espère que ces éclaircissements vous aideront à prendre vos décisions. Il serait avisé également de vérifier tout cela avec la paroisse où vous avez fait baptiser vos enfants.
Q. 7.6 - Dans Baptême - Q.7.2, il est dit que pour être parrain, il faut être baptisé et avoir reçu le sacrement de confirmation. Et ci c'est pas le cas? Le parrain de mon fils n'a pas fait le sacrement de confirmation. G. G.-D.
Je comprends que le baptême a eu lieu et que vous vous questionnez sur 1- la validité du baptême et/ou 2- le rôle que peut jouer le parrain.
1- Le Droit Canon, art. 874 # 1, stipule qu'un parrain doit avoir reçu la confirmation. Selon cette règle un non-confirmé ne peut être admis comme parrain. Toutefois, certains ministres n'examinent pas de près cette «capacité» du parrain et ne demandent même pas si le parrain est confirmé. D'autres estiment que ce n'est pas essentiel au baptême. D'autres se conforment strictement à la règle.
L'article 872 du Droit de l'Église dit: «dans la mesure du possible» on donnera un parrain au futur baptisé. Le parrain n'est pas requis absolument. Le baptême est parfaitement valide sans parrain du tout. Par contre, sur le plan légal des écritures sur l'acte officiel, vis-à-vis du Droit Canon une erreur me semble avoir été commise en acceptant un parrain non confirmé. Cette erreur invalide-t-elle le sacrement? Je ne suis pas juriste de l'Église, je ne peux donc vous répondre sur ce plan-là.
Pour ma part, le sacrement du baptême n'est pas une affaire de droit, mais un geste de foi de l'Église et de parents croyants qui ont l'intention de transmettre à leur enfant une éducation à la foi en Jésus Christ et qui s'adjoignent un parrain et/ou une marraine pour les aider dans cette tâche.
2- Ce deuxième point m'apparaît plus important. Venons-en à la «capacité» du parrain à jouer son rôle. Une règle vise toujours à donner des balises et, ici, la balise, c'est qu'un parrain, pour être capable d'accompagner un enfant dans son cheminement de foi, devrait être lui même confirmé - c'est-à-dire avoir reçu une certification - dans la foi chrétienne. Ne trouvez-vous pas cela logique?
En général, je confie la réparation et l'entretien périodique de ma voiture à des mécaniciens qui ont été reconnus capables par une école professionnelle d'exercer ce métier. De même s'assurer que les parents sont croyants et que le parrain est confirmé permettent à l'Église de donner le sacrement de baptême en toute confiance, espérant que ce geste aura des suites.
Mais la règle ne dit pas tout. Il y a des circonstances particulières que vous, en premier, êtes à même de juger. Je suppose que vous avez choisi un parrain dont les valeurs de vie sont compatibles avec ce que le baptême exprime, soit l'attachement à l'enseignement de Jésus et des apôtres et de l'Église. Il se peut que les circonstances de la vie n'aient pas permis au parrain d'être confirmé, mais qu'en fait il mène une vie en accord avec les enseignements de Jésus. Dans ce cas, je pense que le parrain est à même de jouer son rôle. Dieu n'est pas un juriste, mais peut sonder les coeurs et son Esprit guider la vie de votre parrain. Si de ce côté vous êtes en confiance, à mon avis, l'essentiel du baptême est là.
Si vous-même ou votre parrain désirez vous mettre en conformité avec la loi de l'Église, parce que l'un ou l'autre sera plus à l'aise avec sa conscience, il y a peut-être là un signe de l'Esprit saint. Qu'il suive un parcours de catéchèse avec un prêtre ou un service diocésain de catéchèse: ce sera pour lui une occasion de se remettre en contact avec la Parole de Dieu révélée dans les Évangiles et de voir comment sa propre vie peut en être transformée. D'ailleurs, quand on est baptisé et confirmé, cette conversion vers Dieu doit être permanente. Le baptême reconnaît ce que l'Esprit de Dieu a déjà fait dans le coeur des personnes. La confirmation fait de même: l'Église par le geste de l'évêque ne fait que constater que l'Esprit est à l'oeuvre dans telle personne avec l'aide des parents, parrain, catéchète.
Espérant que cette réponse éclaire votre conscience et vous donne la paix!
Section 8: Une prière pour notre filleule ou filleul
Q. 8.1 - Peut-on composer une prière pour le baptême de notre enfant ou de notre filleul?
On demande souvent aux parrain et marraine de manifester leur engagement en préparant une prière, un souhait de bonheur, un mot de circonstance.
On peut le faire en disant notre foi dans nos propres mots. On peut aussi composer une méditation à partir d'une prière bien connue. Voici un exemple à partir du Notre Père.
Notre Père, qui est cieux,
nous te présentons aujourd'hui ... (nom de l'enfant baptisé),
accueille-la (le) comme ta fille, ton fils.
Que ton nom soit sanctifié
et que, suivant notre exemple, ... apprenne à te bénir pour tes bontés.
Que ton règne vienne dans nos coeurs trop souvent divisés
et insensibles aux injustices qui accablent notre terre:
notre filleul(e) ... peut compter sur nous pour lui montrer
à mieux aimer toutes ses soeurs et tous ses frères humains
afin que ta volonté soit faite.
Donne-nous à chaque jour du travail, des jeux,
de l'amitié et de la compassion pour les plus petits.
Fais de nous, parrain et marraine de ...,
des témoins de ta tendresse, de ton pardon,
de la foi en ta force qui peut vaindre tout mal.
Donne aussi à toute notre famille assemblée
la lumière qui nous guide sur le chemin de Jésus le Christ
et la force de renoncer au mal et à l'injustice.
Ensemble, nous proclamons ta Puissance et ta Gloire!
Un exemple de prière que j'ai composée à partir des Béatitudes
Seigneur, nous présentons aujourd'hui ......... Nom de l'enfant baptisé.... pour qu'il (elle) soit regénéré(e) par l'eau du baptême. Donne à ton enfant, accompagné(e) de ses parents, parrain et marraine, de grandir dans une maison où l'on recherche la justice, puisque le rêve de Dieu est que le droit et la justice coulent comme une eau pure. Donne à ton enfant d'apprendre avec nous à partager son pain et son eau avec ceux et celles qui ont faim et soif. En effet, selon ta promesse, nous croyons que le Royaume de Dieu appartient à ceux et celles qui recherchent par-dessus tout Sa justice. Amen!
Un autre exemple que j'ai composé à partir du symbole de la lumière
Cher ou chère petit(e) ... (nom de l'enfant),
Nous toutes et tous, rassemblés en église aujourd'hui, nous sommes venus rencontrer Dieu qui t'offre par les eaux du baptême un signe de sa tendresse et te dit: «Tu es mon enfant, je t'aime.» Ce même Dieu nous a montré de quoi son amour est fait quand son fils Jésus est venu à notre rencontre.
Tes parents nous ont choisis pour t'accompagner sur le chemin de la vie chrétienne. Nous souhaitons être pour toi comme la lumière que nous portons aujourd'hui et nous prions Dieu notre Père que la chaleur de notre amour et la lumière de notre foi t'aident à grandir dans foi et à vivre en enfant de Dieu. Un jour, tu seras, toi aussi ... (nom de l'enfant), invitée à vivre de la vie de Jésus et à briller comme cette lumière pour tous les gens qui te rencontreront.
Merci à tes parents qui nous confient une si grande responsabilité et nous demandons l'aide du Père, de son Fils Jésus Christ et de l'Esprit Saint.
Pour d'autres suggestions, vous pouvez communiquer avec moi.
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