|
|
|
||||
|
Je me demandais d'où venait ce rêve que je nourris depuis mon enfance de partir sur la mer en voilier. Est-ce le fait d'avoir passé la plupart de mes étés à Maria en Gaspésie, aux Chalets Baie des Chaleurs de mon grand-père Alphonse Guité? Ou est-ce le fait que mes ancêtres aient été associés à la navigation? Parmi les joies du généalogiste, il est celle de découvrir que l'un de nos ancêtres a laissé son nom, dans l'histoire de son pays. Voici un texte que m'a transmis Suzanne Caissy, fille de Claire Guité et petite-fille d'Ernest Guité, frère de mon grand-père Alphonse. On s'est basé, pour l'écrire, sur ce que rapporte la Revue d'Histoire de la Gaspésie et sur des recherches faites par Rodrigue Guité. Claude Guitet est né vers 1738 de René et Élisabeth Pérot de St-Michel de Carcassonne, France. D'après les documents recueillis sur place par Rodrigue Guité, sa mère Élisabeth Pérot est décédée le 30 décembre 1745 en donnant naissance à un enfant. Le père René est marchand boutonnier. Il se remarie en 1746 à Catherine Sarni... |
![]() |
||||
Le «Lys» ou l'«Alcide», sur lequel s'est embarqué Claude Guitet, ressemblaient-ils à la frégate Hermione que commandait La Fayette apportant du secours de France aux insurgés américains? http://www.archeonavale.org/hermione/ Voyez un peu la dimension d'une ancre sur un tel navire! |
|||||
![]() |
|||||
Une des ancres de la frégate mesurant 4,25 m de hauteur et pesant 1500 kg repose sur le banc du Four au large du Croisic, site du naufrage en 1793. |
|||||
|
«Le vingt-huit juillet mil sept cent soisante quinze nous curé d'office après avoir relu de nouveau le consentement de mariage de claude guitet fils de rené guitet et d'elisabeth pérot ses père et mère de la paroisse de saint-michel de carcassonne en bas languedoc d'une part et de marie modeste landry fille de joseph landry et de jeanne robichaud ses père et mère de la paroisse de saint-jean baptiste de port-royal en acadie d'autre part leur avons donné la bénédiction nuptiale avec les cérémonies de l'église qui manquaient à leur mariage contracté civilement devant le sr louis robichaud autorisé pour cet effet par messire charles françois Bailly cidevant grand vicaire de la nouvelle ecosse à boston le juit janvier mil sept cent soisante douze come il parait par leur contgrat qui nous a été présenté étaient présents leurs enfants jean baptiste et joseph louis provenus du dit mariage en qualité de témoins marie esther robichaud marie vallée poerre debarats amis des époux et ont signé avec l'époux.»
Claude Guitet Marie Vallée Pierre debarats L. Beaumont ptre |
|||||
| Quelques jours plus tard, la famille se présente de nouveau à l'église pour le baptême de leurs deux enfants dont l'extrait est trouvé dans le même registre paroissial de N.-Dame de Québec. | |||||
| «Le douze août mil sept cent soixante quinze nous curé d'office avons suppléé les cérémonies qui manquent au baptême de jean baptiste et de joseph louis donné au cas de danger de mort par sr louis robichaut autorisé et par charles lefebvre fils de claude guitet et de marie modeste landry le parrain du premier a été joseph pelerin et la marraine a été anne louise robichaut le parrain du second louis michel de salaberry et la marraine marie marthe robichaut qui ont signé avec nous les jeunes enfants agé de deux ans et huit mois et agé de sept mois.» Joseph Pelerin Anne Louise Robichaux Michel de Salaberry Marthe Robichaux Vénérande Robichaux Jeanne Hélène robichaux L. Beaumont, ptre. |
|||||
| Qui sont ces témoins? Les Robichaux sont des cousines de Modeste Landry, acadiennes comme elle et déportées dans le Mass. Joseph Pelerin est aussi acadien; dans un acte de baptême en 1778 où il est parrain, il se dit capitaine de navire. Quant à Michel de Salaberry, sa signature montre l'homme qu'il était: militaire, colonel de milice, député, conseiller législatif; il reçut du duc de Kent protection pour ses fils. Il est le père du héros de Chateauguay. Le choix de Salaberry comme parrain laisse croire que Claude Guitet est dans l'armée. On lira plus loin, dans quelles villes ont vécu nos acadiens. Le «Parkman's Diary» cite que Louis Robichaux, représentant du grand vicaire Bailly à Boston et oncle de Modeste Landry a quitté avec les Loyalistes en 1775 pour Québec. La famille de CLAUDE Guitet a dû faire de même. Des recherches dans les registres de Québec, Beauport et aussi Deschambault où demeuraient les familles Landry n'ont donné aucune autre naissance pas plus que l'acte de décès du jeune JEAN-BAPTISTE. Dans la colonie d'alors, la loi martiale fut proclamée par Carleton le 9 juin en vue de l'invasion américaine. Tous les hommes disponibles donnent leur nom pour la défense du pays (2) dont CLAUDE GUIDET demeurant au 30 rue St-Jean et faisant partie de la 5è Compagnie: en tout 891 soldats et 53 officiers. Le gouverneur Carleton rentre à Québec le 20 novembre, où commence le siège de la capitale qui ne prit fin que le11 mai 1776. Pierre Loubert (ami et beau-frère) se laisse séduire par les avantages qu'offre l'enrolement sous les couleurs anglaises dans la lutte contre les américains: il va faire le feu du côté de Boston.(3) Le gouvernement canadien tient promesse et octroie une sorte de seigneurie de huit cent acres de terre soit depuis l'église actuelle de Maria vers l'est jusqu'à l'anse St-Jean. Claude Guitet viendra le rejoindre vers 1785. 1. Revue d'Histoire de la Gaspésie, mai-juin 1966, p. 101 Autre relation de la vie de mon ancêtre CLAUDE GUITÉ L'Album-souvenir Le Centenaire de la Paroisse de Maria, 1860-1960, pp. 19-20, ajoute quelques informations intéressantes au récit précédent. |
|||||