Les Chroniques Bourgo

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Édité le 8 février 2007


L'identité québécoise en mutation
Nayons pas peur de lavenir :
le monde change et le Québec aussi.

En tant que catholique, je suis assez au fait des changements qui se passent au niveau religieux. La Révolution tranquille et sa confiance au progrès humain ont favorisé une vision du monde sans Dieu et une société où l’État a remplacé la Providence. Le déclin de la natalité chez les Québécois de souche et la perte de pouvoir de leurs institutions catholiques, conjugués à l’immigration et à l’intégration de groupes ethniques de plus en plus forts, ont mis la table pour la définition de ce que sera le Québec de demain.

Le catholicisme, sinon par le nombre, du moins par l’emprise de son organisation, a pris un virage au Québec. Diminuée radicalement autant dans ses dirigeants que dans ses pratiquants, l’Église catholique se voit aujourd’hui réduite au plus grand dépouillement. Ses membres actifs et engagés se définissent davantage par leur appartenance au Christ et à son Évangile et bien moins par leur appartenance à l’institution catholique.

À la faveur de l’immigration, les catholiques doivent tenir compte d’autres visions du monde, islamique, bouddhiste, juive, sikh, hindouiste... Bien que se déclarant encore comme catholique, une majorité de Québécois, devenue tiède ou indifférente, sent son identité profonde menacée par l’invasion des autres courants religieux. Symboles et lieux d’expression de leur foi entrent en compétition avec ceux des autres traditions spirituelles. Ils se demandent quoi faire avec leurs symboles et rites qu’ils ont remisés au sous-sol.

Deux mouvements de fond me semblent s’opposer aujourd’hui: une recherche spirituelle y compris dans l’Église catholique et une tentative d’évacuer complètement le religieux de la sphère publique. La laïcisation des institutions politiques, scolaires, hospitalières, a eu le mérite de faire une place aux autres courants spirituels et religieux. Mais ces derniers refuseront de cantonner leurs croyances et valeurs au privé, car ils estiment qu’elles ont une contribution originale et essentielle à apporter à la société.

Pour ma part, je fais le pari que le Québec est capable de trouver un juste équilibre entre l’expression des croyances religieuses et la construction d’un pays où les richesses de toutes les traditions seront mises à contribution, dans le respect les unes des autres bien sûr, mais plus encore dans la promotion de la justice pour tous.

À ceux qui croient que les religions sont à l’origine des guerres, je dis que les guerres viennent de l’égoïsme et l’instinct de domination, soit individuel soit collectif. Au contraire, les religions, dans ce qu’elles ont de meilleur, appellent les humains à la solidarité et à la justice.

Nous avons invité des étrangers à venir s’établir nombreux dans notre village, il nous reste à leur ouvrir notre maison et à partager le pain à la même table.

8 février 2007

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