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Réflexion sur l'événement des caricatures du Prophète Mahomet |
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Depuis quelques jours, les médias s’enflamment autour des réactions de groupes musulmans à propos de caricatures du Prophète Mahomet. Les remous de la protestation atteignent notre paisible communauté québécoise. Que me donne à penser cette protestation?
Habitué aux manifestations télévisées en provenance de pays arabes, notamment de Palestine, je ne suis pas surpris outre mesure de la violence de leurs manifestations. Tantôt, ce sont les Palestiniens armés, masqués et portant drapeaux, peuple en cruel manque de moyens économiques et politiques, qui luttent pour une place au soleil; tantôt, c’est la foule des pèlerins à La Mecque qu’un accident transforme soudain en débandade meurtrière. Ces images donnent-elles une image juste du monde musulman? Ne font-elles que nourrir notre peur inconsciente de l’étranger ou, pire, renforcer nos préjugés vis-à-vis ces fous d’Allah? À mesure que les manifestations gagnent les rues de la métropole montréalaise, nous prenons conscience de la place grandissante des musulmans parmi nous. Avons-nous jusqu’à ce jour réellement pris en compte leur présence et leur influence? Quels efforts faisons-nous pour comprendre leur culture et, en particulier, leur religion? >>>> |
Le problème, c’est que nous, Québécois de souche, croyant nous être libérés de l’emprise de la religion, nous sommes devenus de pauvres individualistes et nous nous étonnons de l’esprit de communauté qui anime les musulmans, cet esprit que nous avons répudié en même temps que la mainmise de l’église catholique sur notre société. Si nous connaissions un tant soit peu l’islam, nous saurions que la oumma, la communauté universelle des musulmans, joue un rôle important: au-delà des divergences, tous les musulmans se considèrent comme des frères. Nous saurions que, cinq fois par jour, tout le monde musulman prie Allah et le Prophète Mahomet. Nous comprendrions peut-être aussi que la liberté d’opinion et d’expression a ses limites, dont celle du respect des croyances des autres. Enfin, pour l’avenir, si nous voulons être de taille à discuter avec les musulmans d’ici, si nous souhaitons construire avec eux notre société, il est impératif pour nous Québécois de nous reconnaître nous-mêmes comme communauté, de clarifier et de manifester les valeurs auxquelles nous tenons et de nous engager pour d’autres idéaux que notre sport national ou le culte des stars, comme l'égalité des tous les humains, celle des hommes et des femmes, la protection de notre terre et la répartition équitable de ses ressources. 5 février 2006 |
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