9 septembre 2009
L'assemblée des évêques catholiques du Québec présente, dans un document daté du 19 juin 2009, sa vision du prêtre «serviteur» au coeur du monde et de l'Église. Et elle utilise l'expression année presbytérale plutôt qu'année sacerdotale, telle qu'instituée par Benoît XVI. Personnellement, j'y vois un contrepoids à l'enseignement du Pape. Je les admire de prendre toute leur place d'évêque dans l'Église: à savoir chargé d'enseigner à leurs diocésains la Bonne Nouvelle aujourd'hui. Je les admire d'oser, à l'encontre du mouvement conservateur dirigé par Benoît XVI, poursuivre l'avancée pour l'Église que constitue le concile Vatican II. Ils rappellent que le presbytérat (fonction du prêtre) est important, mais en même temps affirment que tous les baptisés sont responsables de l'Évangile.
Dans leur document, ils relient en premier lieu le service (c'est ce que veut dire ministère) des prêtres au sacerdoce de tous les baptisés appelés à la mission d'annoncer la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ. Seulement, ce service appelle les prêtres à une fonction particulière, celle de proclamer l'Évangile et de célébrer les sacrements.
Les évêques décrivent les prêtres comme rassembleurs de la famille de Dieu, serviteurs de la parole qu'ils doivent adapter à la vie actuelle, ministres des sacrements qui font participer les fidèles à la vie de Dieu, enfin les animateurs du peuple de Dieu afin qu'il soit tout entier animé d'un esprit missionnaire, c'est-à-dire qu'il se sente appelé à aller vers toutes les femmes et tous les hommes et à témoigner de leur foi en Jésus ressuscité.
Ce qui m'apparaît intéressant dans leur vision, c'est que tous les baptisés sont appelés et envoyés, missionnaires, témoins du Dieu qui sauve, qui aime les humains. Les baptisés vivront cet appel et cette mission en premier lieu dans leur coeur par la prière, ensuite dans leur famille - qui est la première église - où l'on apprend ce qu'est l'amour, au travail par un esprit de service, et dans leurs multiples engagements sociaux où ils oeuvrent à faire la justice et la paix.
9 juin 2009, ouverture de l'année sacerdotale
Le mouvement des Marguerites m’a approché voilà quelques années afin de prier pour un prêtre. Finalement deux prêtres du diocèse de Joliette m’ont été confiés. Je prie pour leur santé, pour leur esprit de service, mais par-dessus tout pour être témoins crédibles de la fidélité de Dieu pour les humains.
Avec le temps, sans que personne le sache, j’ai étendu ma prière à d’autres prêtres avec qui j’ai fait route pendant un certain nombre d’années. Ainsi à chaque jour de la semaine, j’associe à mes prières du matin et du soir des figures d’hommes bien précises. Ils sont au nombre de 5 maintenant. Et je les porte dans mon cœur comme je crois que le Seigneur lui-même porte chacun de ses enfants.
Prier pour quelles vocations?
L’Église propose une Journée mondiale des vocations au début de mai. En 2009, le Pape Benoît XVI proposait comme leitmotiv «confiance en l’initiative divine et liberté de la réponse humaine». Je ne comprends pas l’attitude actuelle de la hiérarchie de l’Église qui refuse de croire que Dieu appelle aussi des femmes au ministère sacerdotal. Si vraiment les évêques croient que la vocation est une initiative de Dieu, comment peuvent-ils prétendre limiter l’initiative divine à un seul sexe, à une moitié de l’humanité?! C’est aussi malheureux que de dire : dans une famille l’amour pour les enfants est l’affaire d’un seul sexe. Je prie pour que les autorités dans l'Église ne considèrent plus le sexe comme critère d'accès à la prêtrise, mais mettent au-dessus de ces considérations l'amour du Christ et le témoignage en paroles et en actes d'une vie centrée sur la volonté de Dieu.
Prions pour le pape et les évêques
Le pape Benoît XVI a décrété l’année 2009-2010 année sacerdotale, pour promouvoir le rôle et la mission du prêtre dans l’Église. Si je sais encore compter, il me reste 2 jours dans la semaine. Je sais à qui je vais les dédier en cette année sacerdotale : le premier à nos évêques.
Plusieurs de nos évêques québécois veulent que l'évangile soit proclamé et entendu par les hommes et femmes d'aujourd'hui et je pense que, si ce n'était du carcan romain, ils seraient disposés, sinon à discerner chez des femmes l’appel à devenir prêtre, au moins à débattre ouvertement dans la portion du peuple de Dieu dont ils ont reçu la charge, de l'accès des femmes à la prêtrise. Mais un certain nombre d’évêques, soit passéistes, soit inféodés au pouvoir et à l’idéologie romains, ont grandement besoin de nos prières. J’ai donc choisi un évêque in petto, car il me semble appartenir aux deux catégories. Ce sera le samedi.
Mais que faire de mon dimanche? Je le dédierai au pape. Je ne désespère pas, car j'ai foi en la prière. Ce pape pourrait nous réserver des surprises, disait un cardinal retraité dans ses confessions. Lui aussi, malgré les contraintes de sa charge, est certainement à l'écoute de l'Esprit qui renouvelle sans cesse son Église.
Femmes, ne désespérez pas : si le Christ est avec vous, qui pourra rester contre vous?
Michel Bourgault
20 juin 2009
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