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Édité le 10 juillet 2006



Benoît XVI parle de la famille à Valence

«La famille est un bien nécessaire pour les peuples, un fondement indispensable pour la société et un grand trésor pour les époux durant toute leur vie. C'est un bien irremplaçable pour les enfants, qui doivent être le fruit de l'amour, du don total et généreux de leurs parents, a déclaré le pape Benoît XVI à la rencontre de Valence sur la famille.
Zenit (2006/07/09): http://www.zenit.org/french/default.htm

C'est rassurant d'entendre le pape réaffirmer l'importance de la vie de famille et de l'amour qu'on peut y apprendre. Mais, je suis encore plus éclairé par le fondement de son allocution, une citation de l'évangile de Jean. «Le Christ a révélé ce qui est toujours la source suprême de la vie pour tous et donc aussi pour la famille : « Mon commandement, le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 12-13).

Je suis d'accord avec le chef de notre église quand il qualifie le couple formé d'un homme et une femme de fondement indispensable pour la société et d'excellente manière pour nous d'expérimenter l'amour de Dieu pour l'humanité et d'apprendre nous-mêmes à aimer. Ce fut le choix de mes parents et le mien.

Mais le couple femme-homme est loin d'être l'unique manière de vivre l'amour généreux, fidèle et donneur de vie. Et en premier lieu, ce n'est pas la manière de vivre qu'ont choisi ni Jésus, ni le pape, ni les célibataires qui se sont voués au service de la parole de Dieu dans des communautés religieuses. Il y a donc d'autres manières admirables, et constructives pour le Royaume de Dieu, de vivre la famille et de l'esprit de famille.

Réfléchissons un peu. Je connais un prêtre, présent comme un vrai père à la vie de ses neveux et nièces, à la suite du décès du père biologique: sans vivre d'union conjugale, ne forme-il pas une famille ou, ce qui est encore mieux, ne vit-il pas de l'esprit de famille? Deux femmes, mères de garçons issus du même homme incapable d'assumer sa paternité, qui s'organisent néanmoins pour que les deux enfants expérimentent l'amour d'un frère et l'appartenance à une famille élargie, ne forment-elles pas une famille ou, ce qui est mieux encore, ne vivent-elles pas de l'esprit de famille?

J'en appelle à la foi au Christ du pape et de nos évêques, à leur attachement au message chrétien, pour qu'ils reconnaissent que des personnes homosexuelles sont capables, elles aussi, du don total l'un à l'autre, capables, elles aussi, d'être lumière pour les autres et même pour toute la société, quand elles vivent d'un amour comme celui du Christ. En somme, je les invite de reconnaître que ces personnes sont appelées elles aussi à partager et à vivre du même esprit de famille. Rappelons-nous ce passage de l'évangéliste Matthieu (12,48-50) qui attribue à Jésus des paroles qui ont paru dures à plus d'un :

«Qui est ma mère et qui sont mes frères?» Montrant de la main ses disciples, il dit: «Voici ma mère et mes frères; quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, c'est lui mon frère, ma soeur, ma mère.»

Michel Bourgault

10 juillet 2006

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