Les
Chroniques
Bourgo

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Paroles de la Bible........
.............paroles de VIE
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« Heureux les êtres compatissants,
ils éveilleront la compassion. »
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Qu'est-ce qu'une mort digne?
Le Parlement canadien a été saisi en 2005, au cours de la dernière session d’un projet de loi pour baliser l’euthanasie et l’aide au suicide.
Même si le gouvernement a été défait, la question reviendra inéluctablement sur le tapis. Les tenants du pour et du contre en appelleront tous deux aux droits humains, les pour faisant appel au droit de mourir dignement et les contre exigeant le respect de la personne tant qu’elle vit.
Les premiers disent que l’être humain est maître de sa vie et, par conséquent, qu’il peut y mettre un terme quand il juge ses conditions de vie vraiment dégradées ou bien insupportables.
Les seconds voient dans la personne humaine, à toutes les étapes de sa vie, en début, au milieu comme à la fin, un récipiendaire de la vie dont il doit prendre soin comme un intendant jusqu’à ce qu’elle lui soit réclamée.
Que devrai-je faire de ma vie lorsqu’elle m’apparaîtra comme un poids trop lourd pour moi et pour les autres? À la fois maître et intendant de la vie, est-ce que je vais y mettre fin ou demander qu’on le fasse pour moi ou bien est-ce que j’en prendrai soin et la mènerai jusqu’au bout?
Aujourd’hui, au moment où je peux exercer pleinement ma capacité de penser et tandis que je reçois chaque jour, chaque heure, comme un cadeau, j’ai deux souhaits pour mes derniers instants de vie: l’accompagnement de celles et de ceux que j’ai aimés et la conscience d’avoir fait de mon mieux avec tout ce que j’ai reçu de la vie.
Mourir en paix me semble exiger ces deux conditions. Et même si mes derniers jours devaient se passer dans des conditions très difficiles, je veux donner à mes proches toute la latitude de m’accompagner dans ce moment ultime, un moment que je voudrais de plénitude, comme j’aimerais le faire pour eux. Cela me semble faire partie de ce qu’est la dignité humaine.
Michel Bourgault
13 janvier 2006
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Qui exécutera l'euthanasie
ou l'aide au suicide?
Quand les tenants de l'euthanasie et de l'aide au suicide parlent de mort digne, leur intention est d’écourter une vie qui a perdu beaucoup de qualité : perte de mobilité, d’autonomie, de conscience, de communication. Ils prétendent que par l’euthanasie ou l’aide au suicide on fait preuve d’humanité envers la personne malade qui n’aurait plus rien à perdre. Si le bienfait était si évident, ne devrait-on pas trouver aisément des personnes pour passer à l’action?
Pour moi, il subsiste un doute. Un doute semblable à celui que j’éprouve devant la peine de mort. Beaucoup de personnes disent, ne fut-ce que dans des cas extrêmes, que la peine de mort est justifiée; mais combien d’entre elles deviendraient les bourreaux ou partageraient leur vie avec un bourreau.
Un père, éprouvé depuis de nombreuses années par les souffrances de sa fille et incapable de voir pour elle ne serait-ce qu’une lueur d’espoir, lui a donné la mort, par compassion dit-on. On peut comprendre la souffrance de cet homme. Et je ne peux pas dire pour sûr que, placé dans les mêmes circonstances, je n’aurais pas fait la même chose.
Si on accepte de légaliser l’euthanasie ou l’aide au suicide, je me demande bien qui portera cette responsabilité. Un membre de la famille? Un soignant? Un fonctionnaire? Un comité de volontaires?
Connaissez-vous une seule personne susceptible de dire à ses amis : c’est moi qui soulage les personnes trop souffrantes en fin de vie en provoquant leur mort? Si dans une famille quatre enfants sont placés devant la décision de donner leur consentement pour provoquer la mort leur père ou mère souffrant, qui prendra l’initiative? Si on a peine à trouver une réponse à cette question, il faut se demander si, comme pour la peine de mort, même dans les cas extrêmes, ce choix est bon.
Michel Bourgault
21 janvier 2006
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Mourir est aussi une façon de vivre
ou «Pas de place pour eux à l'auberge»
Écrit le 24 décembre 2006, à la suite de la mort de l'italien Piergiorgio Welby
par Michel Bourgault
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Un italien, Piergiorgio Welby, atteint de dystrophie musculaire en phase terminale, est décédé le 20 décembre 2006 après avoir été débranché, à sa demande, du respirateur qui le maintenait en vie. Un évêque de Rome a interdit à la famille des funérailles chrétiennes à l'église de sa paroisse, pour marquer sa réprobation et dire que l'Église catholique s'oppose au suicide et à l'euthanasie.
En Italie, un patient ou sa famille peut refuser un traitement considéré comme de l'acharnement thérapeutique, mais la loi interdit aux médecins de poser un geste qui hâte la mort d'un patient. Les avocats de Piergiorgio Welby avaient demandé auparavant l'autorisation de la cour en invoquant l'acharnement thérapeutique, ce à quoi le juge avait refusé d'accéder en disant qu'un vide juridique l'empêchait de statuer.
Dans le présent cas, le Dr. Mario Ricci, a déclaré avoir débranché le respirateur artificiel. M. Welby lui-même menait un combat depuis plusieurs années pour avoir le droit de mourir dignement.
Qu'en penser comme chrétien?
L'Église a raison d'être contre le suicide et l'euthanasie. La foi chrétienne nous appelle à nous battre pour vivre pleinement notre vie, avec ses limites et ses souffrances.
Jésus de Nazareth lui-même a apporté guérison aux malades et sens à la vie aux désespérés et aux exclus.
Il s'est battu contre les forces de mort, entre autres celles du pouvoir politique et religieux. Et, dans son combat pour annoncer la justice et le Règne de Dieu, sachant que la mort l'attendait, il a été au bout de sa mission.
Mais, personne, pas même l'Évêque de Rome - cette décision n'a certainement pas été prise à son insu -, n'a raison de condamner un homme qui se suicide ou qui recourt à l'euthanasie. Je ne cesserai jamais de répéter que l'être humain est fondamentalement libre, qu'il a le droit de choisir en toute connaissance de cause la voie qu'il juge convenable de suivre. >>>>>
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(suite)
Dans le cas présent, M. Welby était au courant de l'enseignement catholique. Il a néanmoins choisi de se battre pour débrancher l'appareil sans lequel il ne pouvait vivre. Pour lui, c'était une question de qualité de vie humaine.
Qu'est devenue la liberté de conscience que défendait Joseph Ratzinger au temps du Concile Vatican II? Son ascension dans la hiérarchie et les jeux politiques de la Curie romaine ont-elles eu raison de ses convictions personnelles? Interdire l'accès à une église pour des funérailles est un grave manquement à l'amour de Dieu, juge suprême de nos actions. Pour moi, Dieu a pardonné à Piergiorgio Welby. Pourquoi le Vatican ne pouvait-il pas faire preuve de miséricorde?
Le combat de Welby pour une vie et une mort dignes ne rappelle-til pas celui de Jésus? Et l'opposition des légalistes, le juge romain et l'Évêque de Rome, ne ressemble-t-elle pas à celle de Pilate et des membres du Sanhédrin, grand conseil religieux des Juifs du temps?
Les portes closes de l'église me font penser à ce petit passage de Luc, l'évangéliste: «Elle enfanta son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'il manquait de place dans la salle.» (Lc2,7)
Que Piergiorgio Welby repose en paix et que sa famille espère en l'amour miséricordieux de Dieu!
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Le Figaro publie, le 27 septembre 2007, un article sur la
Polémique sur la fin de vie du pape Jean-Paul II
(Consulté le 18 juin 2009)
Pour ma part, voici deux réflexions que m'a suggérées cette «polémique».
Je pense que certains prédicateurs - et je crois qu'il y en a à Rome comme ailleurs - ne mettent pas en pratique tous leurs enseignements. S'il m'est arrivé de «prêcher», il m'est sans aucun doute arrivé de ne pas pratiquer tout ce que j'ai pu dire. Je ne suis pas le seul dans cette situation. Ça ne m'empêche pas de continuer à dire que telle conduite me semble préférable. MAIS, le péché c'est de le dire de manière à poser un poids sur le dos et la conscience de ceux à qui je m'adresse, de le dire en condamnant ceux qui ne suivent pas la voie du préférable. «Ils disent et ne font pas.» ou encore «Ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes, alors qu'eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt.» Ça vous rappelle quelque chose?
Ma deuxième réflexion concerne l'euthanasie. Je reconnais à toute personne adulte et saine d'esprit la liberté de choisir les comportements qu'elle considère bons après avoir éclairé au mieux sa conscience. Je pense que Jésus, sachant que sa mission arrivait à son terme, a bien fait de confronter le pouvoir des autorités juives et romaines et ainsi d'accomplir ce qu'il croyait être bien et conforme à la volonté de Dieu. C'est en pleine conscience qu'il a agi, même si cela devait précipiter sa mort, comme lui a dit son entourage. J'écoute les enseignements venant de Rome et d'autres sources, mais aucun ne m'enlèvera la liberté de choisir ce qui me semble préférable. Si je juge qu'à un âge avancé ou bien affligé d'une maladie sans possibilité de guérison, je n'ai plus de raison de rester en vie, je ferai tout en mon pouvoir pour mourir, ce qui veut dire pour moi de retourner vers mon Créateur et de commencer une nouvelle vie. Et je reconnais la même liberté à Jean-Paul II. Dans notre for intérieur, Dieu nous parle et c'est sa voix qu'il faut écouter, plus que les lois et les enseignements des hommes. Les dernières paroles attribuées à Jean-Paul II sont d'une telle lumière! J'aimerais pouvoir les dire avant de mourir: « Laissez-moi aller au Père. »
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