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Dire et faire
J'enseigne à l'école secondaire Thérèse-Martin en morale et religion depuis 22 ans maintenant. Je me rappelle qu'en 1985 la situation était devenue tellement invivable à l'école, à cause du climat de mépris et de violence, que nous avions tenu une journée d'études, sinon deux, pour changer la situation. Entre autres mesures, nous avons graduellement adopté un projet éducatif basé sur 5 valeurs directrices : respect, responsabilisation, réussite, créativité et cohérence (r3c2, r au cube multiplié par c au carré, comme j'aime dire à mes élèves).
Dans mon petit discours d'introduction en début d'année, j'insiste plus particulièrement sur la dernière valeur, parce qu'elle m'interpelle plus que les autres comme éducateur. Rechercher la cohérence entre notre discours et notre agir. Même si ce n'est pas une mince affaire, ça me semble un principe moral fondamental.
Ce principe exige que j'enseigne autant, sinon plus, par mes actes que par mes paroles. Si je demande à mes élèves de ne pas apporter de nourriture ou de boisson, sauf de l'eau, en classe, je m'impose la même règle. Si je demande aux élèves que les travaux soient remis à temps, je m'empresse de corriger rapidement les tests ou les devoirs et de les remettre aux intéressés. J'ai réalisé avec le temps qu'on apprend seulement d'un maître qui pratique son art, d'un professeur qui te fait apprécier sa discipline parce qu'il la vit et même en est un passionné. Seul un tel professeur saura trouver les moyens pour accompagner ses élèves où qu'ils se trouvent dans leur cheminement.
Ce principe de sagesse me rappelle un passage de l'Évangile de Matthieu qui n'a pas de parallèle dans les autres évangiles, celui des deux fils. Lire le texte.
L'évangéliste Matthieu rapporte un autre enseignement de Jésus qui dépasse le simple proverbe pour dire que le vrai disciple de Jésus montre sa foi par ses actes et annonce lui-même la venue du Royaume par ses gestes: «Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire; j'étais étranger et vous m'avez recueilli; nu, et vous m'avez vêtu; malade, et vous m'avez visité; en prison, et vous êtes venus à moi.» Matthieu 25,35-36
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Cette parabole se situe dans le chap 21 de Matthieu qui commence avec le récit de l'entrée de Jésus-Roi à Jérusalem. Matthieu y raconte une série de scènes d'opposition entre Jésus et les Juifs qui détiennent le pouvoir religieux, l'annonce de la destruction de Jérusalem et des paraboles de jugement. (d'après le commentaire de l'ACEBAC). Lisons maintenant le texte.
28 « Quel est votre avis? Un homme avait deux fils. Il s'avança vers le premier et lui dit: 'Mon enfant, va travailler aujourd'hui à la vigne.'
29 Celui-ci lui répondit: 'Je ne veux pas.' Mais il se repentit ensuite et il y alla.
30 Il s'avança vers le second pour lui dire la même chose. Il lui répondit en disant: 'J'y vais, Seigneur.' Mais il n'y alla pas.
31 Lequel des deux a fait la volonté de son père?» « Le premier » , répondirent-ils. Jésus leur dit: « En vérité je vous le dis, collecteurs d'impôts et prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu.
32 En effet, Jean est venu vers vous dans un chemin de justice, et vous ne l'avez pas cru; mais les collecteurs d'impôt et les prostituées l'ont cru. Et vous, en voyant cela, vous ne vous êtes pas repentis ensuite pour le croire.»
Cet enseignement vise l'incroyance des chefs religieux, mais aussi les comportements et les attitudes de tout auditeur du message évangélique qui s'imagine que le salut lui sera donné à cause de ses mérites, plutôt qu'en l'accueillant dans la personne de Jésus et de «ces petits» que sont les malades, les démunis, les prisonniers, les exploités de la terre...
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Logique d'action
Devant toi, Seigneur,
nous n'hésitons jamais
à venir pleurer et prier
et même à jeûner pour un temps.
Nos larmes sont la détresse
qui s'écoule de nos coeurs
à cause de la dévastation
qui déferle sur la terre.
Pleurer, prier, jeûner
est devenu notre religieuse habitude!
Ainsi avons-nous le sentiment
d'accomplir le nécessaire
pour venir en aide à la terre
et à nos frères en détresse
puisque nous les remettons
entre les mains de Dieu,
puisque nous déchargeons
devant ta porte
le malheur du monde
afin que toi, le Père des vivants,
tu t'en occupes!
Après tout, qu'y pouvons-nous?
N'es-tu pas le Maître de l'univers?
Pleurer, jeûner, te prier, Seigneur
pour nos frères et soeurs
en désolation
est une facile lâcheté, Seigneur,
sauf si pleurer, jeûner et prier
est suivie d'action solidaire,
de collecte d'argent,
de présence fraternelle,
d'accueil chaleureux!
Texte glané dans Bible 2000, vol. 12, p. 175
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Quelques organismes que je crois dignes de notre appui:
Développement et Paix
fondé par les évêques canadiens.
Médecins du monde
La section Canada est présidée
par le Dr Réjean Thomas.
Médecins sans frontières
Ils sont présents là où frappent
des catastrophes naturelles
ou les campagnes militaires
auxquelles nous sommes associés
même sans le vouloir.
Fonds de développement
7 février Haïti-Québec
Vous pouvez, comme je le fais avec un groupe d'amis, souscrire à Lotomatique qui verse une commission à l'organisme de votre choix. Je suis contre le jeu en principe, mais en morale il existe aussi le principe du moindre mal. Plutôt que de dire NON à des amis, je participe. Les anglais ont un dicton à ce sujet: «If you can't beat them, join them!» J'aimerais bien qu'on me dise l'équivalent français!
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